Barème Salaires réels

Le prélèvement à la source sur le bulletin de paie

Le prélèvement à la source retient l’impôt sur le revenu directement sur le salaire, chaque mois, avant le versement du net à payer. Le taux appliqué est transmis à l’employeur par l’administration fiscale et apparaît sur le bulletin de paie, sous une ligne dédiée qui distingue le net avant et le net après impôt. Ce taux peut être personnalisé, individualisé au sein d’un couple, ou non personnalisé selon un barème appelé taux neutre.

8 min de lecture · mis à jour le 01/09/2026

À retenir

  • Le prélèvement à la source ne change pas le montant de l’impôt dû sur l’année, il en avance simplement le paiement mois après mois.
  • Le taux personnalisé est calculé par l’administration fiscale à partir de la dernière déclaration de revenus et transmis à l’employeur via la déclaration sociale nominative.
  • Un salarié peut demander l’application du taux non personnalisé (taux neutre) pour que son employeur ne connaisse pas sa situation fiscale globale.
  • La grille des taux neutres va de 0 % pour les revenus mensuels les plus faibles à 43 % pour les revenus mensuels supérieurs à 55 558 €.
  • Le taux est actualisé chaque année en septembre après la déclaration de revenus, et peut être modifié en cours d’année en cas de changement de situation.
  • La régularisation définitive de l’impôt intervient l’année suivante, lors de la déclaration de revenus, qui peut donner lieu à un complément à payer ou à un remboursement.

Impôts

Comment fonctionne le prélèvement à la source sur le salaire ?

Chaque mois, l’employeur applique au salaire net imposable un taux de prélèvement transmis par l’administration fiscale. Le montant correspondant est retenu directement sur le bulletin de paie et reversé à l’État, sans que le salarié ait à effectuer de démarche particulière. Le net à payer, celui qui arrive sur le compte bancaire, est donc déjà net d’impôt sur le revenu, contrairement à ce qui prévalait avant 2019 où l’impôt était payé l’année suivant la perception des revenus.

Le prélèvement à la source ne modifie pas le calcul de l’impôt lui-même : il ne fait qu’en avancer le paiement. L’impôt reste calculé sur l’ensemble des revenus du foyer fiscal, selon le barème progressif et les règles habituelles de quotient familial. Le taux appliqué sur le bulletin de paie n’est qu’une estimation mensuelle destinée à coller au plus près de l’impôt réellement dû, corrigée ensuite lors de la déclaration annuelle.

Avant la mise en place de ce système en 2019, l’impôt sur le revenu était payé l’année suivant la perception des revenus, ce qui posait une difficulté réelle en cas de baisse brutale de revenus, par exemple lors d’un licenciement ou d’un passage au chômage : le salarié devait continuer à payer un impôt calculé sur une année où il gagnait davantage. Le prélèvement à la source réduit ce décalage, puisque le taux appliqué au chômage ou à un nouveau salaire plus faible s’ajuste plus rapidement à la baisse de revenus réelle, même si la mise à jour complète n’intervient qu’à la déclaration suivante sauf démarche volontaire.

  • Le taux figure sur le bulletin de paie, généralement en bas, à côté du montant prélevé
  • Le montant prélevé est calculé sur le salaire net imposable, pas sur le salaire brut
  • L’employeur ne peut pas modifier le taux transmis par l’administration, il l’applique tel quel
  • Le prélèvement s’applique aussi aux primes, aux heures supplémentaires imposables et au 13e mois

Le taux personnalisé, le taux individualisé et le taux non personnalisé

Trois options coexistent pour déterminer le taux appliqué sur le bulletin de paie. Le taux personnalisé, ou taux de foyer, est calculé par l’administration fiscale à partir de la dernière déclaration de revenus du couple ou de la personne seule : c’est le taux appliqué par défaut. Le taux individualisé permet à chaque membre d’un couple marié ou pacsé de se voir appliquer un taux proportionnel à ses revenus propres plutôt qu’un taux commun, ce qui rééquilibre la charge fiscale entre les deux salaires sans changer le montant total payé par le foyer.

Le taux non personnalisé protège la confidentialité

Le taux non personnalisé, aussi appelé taux neutre, s’applique uniquement en fonction du salaire versé par l’employeur, sans tenir compte de la situation familiale ni des autres revenus du foyer. Il permet à un salarié de ne pas révéler son taux réel à son employeur, par exemple s’il perçoit d’autres revenus non professionnels. La différence éventuelle entre ce taux neutre et le taux réel du foyer est régularisée directement par le salarié auprès de l’administration.

La grille des taux neutres en 2026

Le taux non personnalisé est déterminé par une grille publiée par l’administration fiscale, appliquée à la base mensuelle nette imposable du salaire. Cette grille comprend une vingtaine de tranches, de 0 % pour les rémunérations les plus faibles jusqu’à 43 % pour les rémunérations mensuelles les plus élevées. Une grille distincte, avec des seuils différents, s’applique aux salariés domiciliés dans les départements et régions d’outre-mer.

Cette grille est révisée chaque année pour tenir compte de la revalorisation du barème de l’impôt sur le revenu, généralement au printemps. Elle correspond, tranche par tranche, au taux d’imposition d’une personne seule sans enfant et sans autre revenu que le salaire indiqué : c’est une approximation volontairement prudente, qui ne tient compte d’aucune réduction ni d’aucun crédit d’impôt propre au salarié qui l’utilise. Un célibataire sans charge de famille et sans autre revenu retrouve donc, avec le taux neutre, un montant très proche de son taux personnalisé réel.

Extrait de la grille des taux neutres 2026 (métropole, base mensuelle)
Base mensuelle nette imposableTaux appliqué
Moins de 1 635 €0 %
De 1 928 € à moins de 2 060 €2,9 %
De 2 738 € à moins de 3 135 €7,5 %
De 4 019 € à moins de 4 690 €13,8 %
De 7 037 € à moins de 8 789 €20 %
De 16 523 € à moins de 25 937 €33 %
55 558 € et plus43 %

Comment le taux est-il transmis à l’employeur et mis à jour ?

L’administration fiscale transmet le taux applicable directement à l’employeur par la déclaration sociale nominative, le fichier mensuel que l’entreprise envoie déjà à l’Urssaf et aux autres organismes. Le salarié n’a donc rien à fournir lui-même à son service de paie : la mise à jour se fait automatiquement, sans intervention humaine côté entreprise.

  1. En mai, le salarié dépose sa déclaration de revenus annuelle
  2. L’administration recalcule le taux applicable à partir des revenus déclarés
  3. En septembre, le nouveau taux est transmis à l’employeur via la déclaration sociale nominative
  4. Le nouveau taux s’applique sur le bulletin de paie de septembre et les mois suivants, jusqu’à la prochaine mise à jour

En dehors de ce cycle annuel, le salarié peut demander une modification de son taux en cours d’année en cas de changement de situation : mariage, Pacs, divorce, naissance, ou variation significative de revenus à la hausse comme à la baisse. Cette démarche se fait directement depuis l’espace particulier du site des impôts, sans passer par l’employeur, et le nouveau taux est répercuté sur le bulletin de paie dans les deux à trois mois suivants.

La régularisation l’année suivante

Le prélèvement mensuel n’est qu’une avance sur l’impôt réellement dû, calculé de façon définitive lors de la déclaration de revenus de l’année suivante. Si les revenus effectivement perçus diffèrent de ceux qui ont servi à calculer le taux, ou si le foyer a droit à des crédits et réductions d’impôt, un ajustement intervient à l’été, sous forme de remboursement ou de complément à verser.

Cas chiffré : un changement de taux en cours d’année

Un salarié perçoit un taux personnalisé de 7,5 % calculé sur ses revenus de l’année précédente. En cours d’année, il obtient une augmentation qui porte son salaire net imposable dans une tranche supérieure de la grille neutre. Son taux personnalisé reste inchangé jusqu’à la mise à jour de septembre, calculée sur les revenus de l’année en cours déclarés au printemps suivant : l’écart entre l’impôt réellement dû sur l’année d’augmentation et les montants déjà prélevés est régularisé lors de cette déclaration, sous forme de solde à payer si le taux appliqué pendant l’année s’est révélé trop bas.

Cas particuliers : primes, 13e mois et éléments variables

Le taux de prélèvement s’applique à l’ensemble des éléments de rémunération imposables versés dans le mois, pas seulement au salaire de base. Une prime, un 13e mois ou des heures supplémentaires imposables augmentent le salaire net imposable du mois concerné et subissent donc le même taux que le reste de la rémunération, ce qui peut donner l’impression d’un prélèvement plus lourd le mois où ces éléments sont versés, alors que le taux appliqué n’a pas changé.

Ce mécanisme explique pourquoi le montant en euros prélevé varie d’un mois sur l’autre alors que le taux affiché en pourcentage reste identique sur le bulletin de paie. Un salarié qui compare deux fiches de paie doit donc regarder le taux, pas seulement le montant retenu, pour savoir si sa situation fiscale a réellement changé ou si la variation vient simplement d’un élément de rémunération exceptionnel versé ce mois-là.

  • Les heures supplémentaires exonérées d’impôt dans la limite annuelle en vigueur échappent au prélèvement
  • Le 13e mois suit le régime fiscal du salaire ordinaire et subit le taux en vigueur au moment du versement
  • Une prime exceptionnelle imposable peut ponctuellement augmenter le montant prélevé sans modifier le taux affiché
  • Les indemnités de rupture bénéficient de règles d’exonération spécifiques qui réduisent l’assiette imposable

Erreurs fréquentes à éviter

  • Confondre le taux affiché sur le bulletin avec le taux marginal d’imposition du foyer, qui peut être différent
  • Oublier de signaler un changement de situation familiale, ce qui retarde l’ajustement du taux personnalisé
  • Penser que demander le taux neutre réduit l’impôt réellement dû, alors qu’il ne fait que déplacer la confidentialité de l’information
  • Ne pas anticiper une régularisation en cas de revenus en forte hausse pendant l’année

Le taux neutre peut être supérieur au taux réel

Pour un célibataire sans enfant avec un seul revenu, le taux neutre correspond généralement au taux réel. Pour un foyer avec plusieurs revenus ou des parts de quotient familial, le taux neutre est souvent plus élevé que le taux personnalisé, ce qui oblige le salarié à avancer un excédent d’impôt, remboursé seulement l’année suivante.

Questions fréquentes

Le prélèvement à la source change-t-il le montant de mon impôt ?

Non, il ne change que le moment du paiement. L’impôt reste calculé sur l’ensemble des revenus du foyer selon le barème progressif habituel, le prélèvement mensuel n’étant qu’une avance régularisée l’année suivante.

Qui calcule le taux de prélèvement à la source ?

L’administration fiscale calcule le taux personnalisé à partir de la dernière déclaration de revenus et le transmet directement à l’employeur, qui l’applique sans pouvoir le modifier.

Comment demander le taux non personnalisé (taux neutre) ?

La demande se fait depuis l’espace particulier du site des impôts. Le taux neutre s’applique alors au salaire selon la grille officielle, sans tenir compte de la situation familiale ni des autres revenus du foyer.

Pourquoi mon prélèvement augmente-t-il le mois où je touche une prime ?

Le taux de prélèvement s’applique à l’ensemble du salaire net imposable versé dans le mois, prime comprise. Le taux lui-même ne change pas, mais le montant prélevé augmente mécaniquement avec la base imposable du mois.

Que se passe-t-il si mon taux de prélèvement est trop bas ?

Un complément d’impôt est réclamé lors de la déclaration de revenus l’année suivante, une fois l’impôt réel calculé sur l’ensemble des revenus effectivement perçus.

Le prélèvement à la source s’applique-t-il aux indemnités de chômage ou de retraite ?

Oui, ces revenus de remplacement sont également soumis au prélèvement à la source, selon des règles et des organismes verseurs distincts de l’employeur.

Peut-on modifier son taux de prélèvement en cours d’année ?

Oui, en cas de changement de situation familiale ou de variation significative de revenus, une demande de modification peut être faite en ligne, avec une prise en compte par l’employeur dans les mois suivants.

Sources