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La prime de transport : prise en charge des frais en 2026

La prime de transport désigne l'ensemble des dispositifs par lesquels l'employeur participe aux frais de déplacement entre le domicile et le lieu de travail. Le socle obligatoire couvre la moitié du prix de l'abonnement de transport en commun, auquel s'ajoutent des dispositifs facultatifs comme le forfait mobilités durables ou la prime carburant, chacun soumis à ses propres règles de plafond.

8 min de lecture · mis à jour le 01/09/2026

À retenir

  • L'employeur doit prendre en charge au moins 50 % du prix de l'abonnement de transport en commun ou de service public de location de vélos du salarié.
  • Cette prise en charge obligatoire concerne tous les salariés utilisant les transports en commun pour se rendre au travail, sans condition d'ancienneté.
  • Le forfait mobilités durables permet de financer, sans obligation, les trajets à vélo, en covoiturage ou avec d'autres mobilités actives.
  • La prime carburant, exceptionnelle et reconduite en 2026, bénéficie d'un plafond annuel d'exonération porté à 600 € par salarié.
  • Le cumul du forfait mobilités durables avec la prise en charge des transports publics est plafonné à 900 € par an et par salarié.
  • Le régime social et fiscal favorable de ces prises en charge s'applique dans la limite des plafonds fixés pour chaque dispositif.

Avantages

La prime de transport, prise en charge obligatoire de l'abonnement

Tout employeur doit prendre en charge au moins la moitié du prix de l'abonnement de transport en commun ou de service public de location de vélos souscrit par le salarié pour ses trajets entre son domicile et son lieu de travail. Cette prise en charge est un droit pour le salarié, quel que soit son temps de travail ou son ancienneté dans l'entreprise.

  • Sont concernés les abonnements aux transports en commun, train, métro, bus, tramway.
  • Sont également concernés les abonnements aux services publics de location de vélos.
  • La prise en charge s'applique sur la base du tarif de deuxième classe le plus économique.
  • Elle bénéficie à tout salarié, y compris à temps partiel, dès lors qu'il souscrit un abonnement de ce type.

Le forfait mobilités durables : vélo, covoiturage et mobilités actives

Le forfait mobilités durables permet à l'employeur de participer, de manière facultative cette fois, aux frais de trajet domicile-travail effectués à vélo, en covoiturage, en engin de déplacement personnel motorisé ou en libre-service, ou avec certains services de mobilité partagée. Contrairement à la prise en charge des abonnements de transport en commun, ce dispositif reste à la discrétion de l'employeur, sauf accord ou décision unilatérale le mettant en place.

Un dispositif facultatif mais cumulable

Le forfait mobilités durables n'est pas une obligation légale pour l'employeur, contrairement à la prise en charge des abonnements de transport en commun. Lorsqu'il est mis en place, il peut être cumulé avec cette dernière, dans la limite d'un plafond global fixé par l'Urssaf.

Le versement du forfait mobilités durables est en principe soumis à la production, par le salarié, d'un justificatif ou d'une attestation sur l'honneur renouvelée chaque année, précisant le ou les modes de transport utilisés pour les trajets domicile-travail concernés.

Une fois mis en place, ce forfait bénéficie à tous les salariés remplissant les conditions fixées par l'accord ou la décision unilatérale qui l'instaure, sans que l'employeur puisse le réserver à certaines catégories de personnel de façon discrétionnaire. Son montant précis, dans la limite du plafond d'exonération, reste toutefois libre et propre à chaque entreprise.

La prise en charge facultative au-delà du minimum légal

Rien n'empêche un employeur de prendre en charge une part de l'abonnement de transport en commun supérieure au minimum légal de 50 %, jusqu'à la totalité du prix de l'abonnement. Cette prise en charge facultative, au-delà du seuil obligatoire, bénéficie d'un régime social et fiscal qui lui est propre, distinct de celui applicable à la part obligatoire.

  1. L'employeur applique d'abord la prise en charge obligatoire de 50 % du prix de l'abonnement.
  2. Il peut ensuite décider, par accord collectif ou décision unilatérale, de prendre en charge une part supplémentaire.
  3. Cette part additionnelle est exonérée de cotisations sociales dans la limite d'un second plafond, propre à cette prise en charge facultative.
  4. Au-delà de ce plafond, la part excédentaire est réintégrée dans l'assiette des cotisations sociales.

Cette possibilité de dépasser le minimum légal est parfois utilisée par les entreprises situées dans des zones où le coût des abonnements de transport en commun est particulièrement élevé, ou dans le cadre d'une politique de mobilité durable destinée à limiter l'usage de la voiture individuelle pour les trajets domicile-travail des salariés.

La prime carburant pour les salariés utilisant leur véhicule personnel

Un salarié qui utilise son véhicule personnel pour ses trajets domicile-travail, faute de solution de transport en commun adaptée ou en raison de ses horaires, peut bénéficier d'une prime carburant versée par son employeur. Ce dispositif, reconduit pour 2026, bénéficie d'un plafond d'exonération de cotisations sociales et d'impôt sur le revenu porté à 600 € par an et par salarié.

Ce plafond a été doublé par rapport à son niveau antérieur de 300 €, et la condition qui réservait auparavant cette prime à certaines catégories de salariés, notamment ceux dont les horaires de travail ne permettaient pas d'emprunter les transports en commun, a été suspendue pour l'ensemble de l'année 2026.

  • La prime carburant s'adresse aux salariés utilisant leur véhicule personnel pour les trajets domicile-travail.
  • Son versement reste à la discrétion de l'employeur, aucun texte ne l'imposant.
  • Le plafond d'exonération pour 2026 s'élève à 600 € par an et par salarié.
  • Ce plafond s'applique aussi bien aux véhicules thermiques qu'aux véhicules électriques, hybrides rechargeables ou à hydrogène.

Cette prime constitue une mesure distincte du forfait mobilités durables, même si les deux dispositifs peuvent viser des salariés utilisant leur propre véhicule : la prime carburant vise spécifiquement les frais de carburant ou d'alimentation du véhicule, tandis que le forfait mobilités durables couvre un usage plus large, incluant le covoiturage et les mobilités actives.

Exemple chiffré : cumul transport en commun et forfait mobilités durables

L'exemple suivant illustre le cumul de la prise en charge obligatoire des transports en commun avec le forfait mobilités durables, dans le respect du plafond global applicable à ce cumul.

Salarié combinant abonnement de train et vélo pour le dernier kilomètre

Un salarié souscrit un abonnement de train à 100 € par mois, soit 1 200 € par an, pris en charge à 50 % par l'employeur, soit 600 € sur l'année. L'employeur met également en place un forfait mobilités durables pour couvrir les trajets à vélo entre la gare et le lieu de travail, versé à hauteur de 300 € sur l'année. Le cumul de ces deux prises en charge, 600 € plus 300 €, soit 900 €, atteint exactement le plafond global d'exonération fixé pour ce cumul, sans le dépasser.

Le régime social et fiscal des différentes prises en charge

La prise en charge obligatoire de 50 % des abonnements de transport en commun est exonérée de cotisations sociales et d'impôt sur le revenu, sans plafond propre autre que le montant réel de l'abonnement pris en charge. Le forfait mobilités durables et la prime carburant, en revanche, sont exonérés dans la limite de plafonds annuels spécifiques, au-delà desquels la part excédentaire redevient soumise aux cotisations et à l'impôt.

Plafonds d'exonération des principaux dispositifs
DispositifPlafond annuel
Forfait mobilités durables seul600 € par salarié
Forfait mobilités durables cumulé avec la prise en charge des transports publics900 € par salarié
Prime carburant (2026)600 € par salarié

Ces montants s'entendent par salarié et par année civile, indépendamment du nombre de dispositifs mis en place par l'employeur, ce qui impose de suivre précisément le cumul des différentes prises en charge versées à un même salarié au cours de l'année.

En cas de cumul entre la prime carburant et le forfait mobilités durables, le plafond global reste fixé à 600 € par an et par salarié, la prise en charge des frais de carburant venant en déduction du plafond du forfait plutôt que de s'y ajouter. Un salarié ne peut donc pas cumuler deux plafonds pleins de 600 € au titre de ces deux dispositifs simultanément.

Qui a droit à la prime de transport

La prise en charge obligatoire des abonnements de transport en commun s'applique à tout salarié, sans condition d'ancienneté ni de temps de travail, dès lors qu'il souscrit un abonnement pour ses trajets domicile-travail. Les dispositifs facultatifs, forfait mobilités durables et prime carburant, dépendent en revanche de la politique propre à chaque entreprise.

Un droit individuel, pas une négociation

La prise en charge obligatoire de 50 % ne se négocie pas au cas par cas : elle s'applique de façon identique à tous les salariés de l'entreprise remplissant la condition d'abonnement, sans distinction de poste, de statut ou d'ancienneté.

Un salarié qui travaille à temps partiel pour plusieurs employeurs peut, dans certains cas, prétendre à une prise en charge proportionnelle par chacun d'eux, selon des règles de répartition propres à cette situation particulière. Un salarié en télétravail conserve également son droit à la prise en charge, dès lors qu'il continue à se rendre sur son lieu de travail au moins certains jours de la semaine.

Erreurs fréquentes sur la prime de transport

La confusion la plus fréquente consiste à croire que la prise en charge des frais de transport est réservée aux salariés à temps plein, alors qu'elle bénéficie également aux salariés à temps partiel dès lors qu'ils souscrivent un abonnement de transport en commun.

  • Croire que la prise en charge de 50 % ne concerne que les salariés à temps plein.
  • Confondre le forfait mobilités durables, facultatif, avec la prise en charge des transports en commun, obligatoire.
  • Dépasser le plafond global de cumul entre forfait mobilités durables et transports publics sans le savoir.
  • Oublier de renouveler chaque année le justificatif requis pour le forfait mobilités durables.

Une dernière confusion consiste à croire que tous ces dispositifs sont automatiquement cumulables sans aucune limite particulière : chacun obéit à ses propres règles de plafond, et le cumul entre plusieurs d'entre eux fait souvent l'objet d'un plafond global spécifique, nettement plus bas que la simple addition des plafonds individuels de chaque dispositif pris isolément.

Questions fréquentes

L'employeur doit-il obligatoirement verser une prime de transport ?

Il doit obligatoirement prendre en charge au moins 50 % du prix de l'abonnement de transport en commun ou de vélo en libre-service du salarié. Les autres dispositifs, comme le forfait mobilités durables ou la prime carburant, restent facultatifs.

Quel est le montant de la prise en charge des transports en commun ?

Elle s'élève au minimum à 50 % du prix de l'abonnement, sur la base du tarif de deuxième classe le plus économique, sans plafond en euros autre que le montant réel de l'abonnement.

Qu'est-ce que le forfait mobilités durables ?

C'est un dispositif facultatif qui permet à l'employeur de financer les trajets domicile-travail effectués à vélo, en covoiturage ou avec d'autres mobilités actives, dans la limite d'un plafond annuel d'exonération.

Quel est le plafond de la prime carburant en 2026 ?

Le plafond annuel d'exonération de la prime carburant est porté à 600 € par salarié pour 2026, contre 300 € auparavant, et s'applique à tous les types de véhicules.

Peut-on cumuler forfait mobilités durables et transport en commun ?

Oui, ces deux prises en charge sont cumulables, dans la limite d'un plafond global de 900 € par an et par salarié.

La prise en charge des transports en commun s'applique-t-elle aux salariés à temps partiel ?

Oui, elle bénéficie à tout salarié souscrivant un abonnement de transport en commun, quel que soit son temps de travail, sans condition d'ancienneté.

Le forfait mobilités durables nécessite-t-il un justificatif ?

Oui, le salarié doit en principe fournir chaque année un justificatif ou une attestation sur l'honneur précisant le mode de transport utilisé pour bénéficier de ce forfait.

Sources