Barème Salaires réels

Le calcul des indemnités journalières de sécurité sociale

L’indemnité journalière de sécurité sociale est la somme versée par l’Assurance Maladie à un salarié en arrêt de travail, pour compenser une partie de la perte de salaire. Elle correspond à 50 % du salaire journalier de base, calculé sur les 3 derniers mois de salaire brut, et n’est versée qu’après un délai de carence de 3 jours pour un arrêt maladie classique. Son montant est plafonné : il ne peut pas dépasser 42,97 euros bruts par jour en 2026.

8 min de lecture · mis à jour le 01/09/2026

À retenir

  • L’indemnité journalière de sécurité sociale est égale à 50 % du salaire journalier de base.
  • Le salaire journalier de base se calcule en divisant la somme des 3 derniers salaires bruts par 91,25.
  • Un délai de carence de 3 jours s’applique à chaque arrêt maladie classique avant le début du versement.
  • Le montant maximal de l’indemnité journalière maladie est de 42,97 euros bruts par jour en 2026.
  • Le salaire pris en compte pour le calcul est plafonné à 1,4 fois le SMIC mensuel, contre 1,8 fois avant avril 2025.
  • De nombreuses conventions collectives complètent l’indemnité journalière par un maintien de salaire à la charge de l’employeur.

Arrêt de travail

Comment se calcule l’indemnité journalière de sécurité sociale

L’indemnité journalière versée par l’Assurance Maladie repose sur le salaire journalier de base, une moyenne calculée à partir des 3 derniers salaires bruts perçus avant l’arrêt de travail. Cette somme est divisée par 91,25, un chiffre qui correspond à la moyenne du nombre de jours sur 3 mois. L’indemnité journalière représente ensuite 50 % de ce salaire journalier de base. Ce calcul s’applique aux salariés payés mensuellement ; pour les salariés dont l’activité est saisonnière ou discontinue, la période de référence est différente et porte sur les 12 derniers mois.

Étapes du calcul de l’indemnité journalière
ÉtapeCalcul
1. Additionner les 3 derniers salaires brutsExemple : 3 x 2 000 € = 6 000 €
2. Diviser par 91,25 pour obtenir le salaire journalier de base6 000 € / 91,25 = 65,75 €
3. Appliquer le taux de 50 %65,75 € x 50 % = 32,88 €

Un salarié à temps partiel ou en contrat à durée déterminée suit la même méthode de calcul : le salaire journalier de base se détermine toujours à partir des 3 derniers salaires bruts effectivement perçus, divisés par 91,25, quelle que soit la durée du travail prévue au contrat. Pour un salarié dont l’activité vient de débuter et qui ne totalise pas encore 3 mois de salaire au moment de l’arrêt, la caisse d’Assurance Maladie retient les salaires effectivement versés depuis l’embauche, ramenés à une base équivalente. Un salarié en situation de temps partiel thérapeutique, décidé après un arrêt à temps complet, continue quant à lui à percevoir une indemnité journalière calculée selon les mêmes règles, en complément de la rémunération réduite versée par l’employeur.

Le délai de carence de 3 jours

Pour un arrêt de travail lié à une maladie ordinaire, aucune indemnité journalière n’est versée pendant les 3 premiers jours de l’arrêt : c’est le délai de carence. Si l’arrêt débute un mercredi, l’indemnisation démarre donc le samedi suivant. Ce délai de carence s’applique à chaque nouvel arrêt de travail, sauf dans deux situations particulières : une reprise du travail suivie d’un nouvel arrêt dans les 48 heures n’entraîne pas de nouveau délai de carence, et les arrêts successifs liés à une affection de longue durée ne sont pas non plus soumis à un nouveau délai à chaque prolongation.

Le délai de carence ne concerne que la Sécurité sociale

De nombreux accords d’entreprise ou conventions collectives prévoient que l’employeur maintienne le salaire dès le premier jour d’arrêt, y compris pendant le délai de carence de la Sécurité sociale. Il faut donc vérifier sa convention collective, distincte de la règle de l’Assurance Maladie.

Le plafond de l’indemnité journalière en 2026

Le salaire pris en compte pour le calcul de l’indemnité journalière est plafonné : il ne peut pas dépasser 1,4 fois le SMIC mensuel. Ce coefficient a été abaissé par un décret entré en vigueur le 1er avril 2025, qui l’a fait passer de 1,8 fois à 1,4 fois le SMIC, réduisant mécaniquement le montant maximal que peut percevoir un salarié dont le salaire dépasse ce seuil. En conséquence, quel que soit le salaire réel du salarié au-delà de ce plafond, l’indemnité journalière maladie ne peut pas dépasser 42,97 euros bruts par jour en 2026.

Un salarié au-dessus du plafond

Un salarié perçoit un salaire brut mensuel de 3 500 euros, supérieur au plafond de calcul. Son indemnité journalière n’est pas calculée sur son salaire réel, mais sur le salaire plafonné à 1,4 fois le SMIC mensuel. Le montant qu’il perçoit est donc limité au maximum légal de 42,97 euros bruts par jour en 2026, quel que soit son salaire habituel.

  • Le plafond de calcul est réévalué chaque fois que le SMIC mensuel est revalorisé.
  • Un salarié dont le salaire réel est inférieur au plafond n’est jamais concerné par cette limitation.
  • Le plafond s’applique de la même façon, quel que soit le secteur d’activité ou la taille de l’entreprise.
  • Un maintien de salaire conventionnel peut compenser tout ou partie de l’écart entre le salaire réel et l’indemnité plafonnée.

Le rôle du maintien de salaire par l’employeur

L’indemnité journalière versée par l’Assurance Maladie ne suffit en général pas à compenser l’intégralité du salaire perdu pendant un arrêt de travail. C’est pourquoi le code du travail et de nombreuses conventions collectives prévoient un complément à la charge de l’employeur, appelé maintien de salaire, sous conditions d’ancienneté. Ce complément s’ajoute à l’indemnité journalière pour rapprocher le revenu total du salarié de son salaire habituel, pendant une durée qui dépend de l’ancienneté et de la convention collective applicable à l’entreprise.

  • L’indemnité journalière de la Sécurité sociale ne remplace pas l’intégralité du salaire perdu.
  • Un maintien de salaire complémentaire peut être dû par l’employeur sous conditions d’ancienneté.
  • La durée et le niveau du maintien de salaire dépendent de la convention collective applicable.
  • Certaines entreprises souscrivent une prévoyance qui complète encore l’indemnisation au-delà du maintien légal.

Comment demander et suivre le versement de ses indemnités

Le versement de l’indemnité journalière n’est pas automatique : il suppose que l’arrêt de travail ait été correctement transmis à la caisse d’Assurance Maladie par le médecin prescripteur, et que le salarié réponde aux conditions d’ouverture de droits, notamment une durée minimale d’activité ou de cotisation préalable à l’arrêt. Le versement intervient en principe tous les 14 jours pendant la durée de l’arrêt. Un salarié qui constate un retard ou une absence de versement peut consulter son espace personnel sur le site de l’Assurance Maladie ou contacter directement sa caisse primaire.

  1. Obtenir un arrêt de travail prescrit par un médecin.
  2. Transmettre les volets de l’arrêt à l’employeur et à la caisse d’Assurance Maladie dans les délais.
  3. Vérifier que les conditions d’ouverture de droits aux indemnités journalières sont remplies.
  4. Suivre le versement, en principe tous les 14 jours, sur son espace personnel Ameli.
  5. Signaler tout retard à sa caisse primaire d’Assurance Maladie.

Depuis la généralisation de la déclaration sociale nominative, la transmission de l’arrêt de travail à la caisse d’Assurance Maladie passe le plus souvent directement par l’employeur, sans démarche supplémentaire du salarié au-delà de la remise du volet destiné à l’entreprise. Le salarié reste toutefois responsable de vérifier que son arrêt a bien été pris en compte, notamment en cas de changement d’employeur en cours d’année ou de cumul de plusieurs employeurs, une situation qui peut retarder le calcul du salaire journalier de base si l’ensemble des bulletins de salaire n’a pas été transmis à la caisse à temps.

Le cas particulier de l’accident du travail et de la maladie professionnelle

Un arrêt de travail consécutif à un accident du travail ou à une maladie professionnelle reconnue obéit à des règles distinctes de celles d’un arrêt maladie ordinaire. Aucun délai de carence ne s’applique : l’indemnisation démarre dès le lendemain de l’accident ou de l’arrêt. Le salaire journalier de base se calcule différemment, à partir du salaire brut du mois précédant l’arrêt, divisé par 30,42. Le taux appliqué évolue également dans le temps : il est de 60 % du salaire journalier de base pendant les 28 premiers jours d’arrêt, puis de 80 % à partir du 29e jour, tant que l’arrêt se poursuit.

Indemnisation d’un arrêt lié à un accident du travail ou une maladie professionnelle
PériodeTauxPlafond journalier brut 2026
Du 1er au 28e jour d’arrêt60 % du salaire journalier de base240,49 €
À partir du 29e jour d’arrêt80 % du salaire journalier de base320,66 €

Le maintien de salaire de la loi de mensualisation

Indépendamment de la convention collective, le code du travail impose lui-même un complément de salaire à la charge de l’employeur pour tout salarié justifiant d’un an d’ancienneté dans l’entreprise, sous condition d’avoir transmis son arrêt de travail dans les délais et d’être pris en charge par la Sécurité sociale. Cette durée d’indemnisation complémentaire augmente ensuite de dix jours par tranche supplémentaire de cinq ans d’ancienneté, sans que chaque tranche puisse dépasser quatre-vingt-dix jours. De nombreuses conventions collectives réduisent la condition d’ancienneté ou augmentent la durée ou le niveau de ce maintien : elles priment alors sur la règle du code du travail dès lors qu’elles sont plus favorables au salarié.

  • Le maintien de salaire légal suppose une ancienneté d’au moins un an dans l’entreprise.
  • Sa durée augmente de dix jours par période supplémentaire de cinq ans d’ancienneté, chaque période étant plafonnée à quatre-vingt-dix jours.
  • Ce maintien s’ajoute à l’indemnité journalière de la Sécurité sociale, sans s’y substituer.
  • Une convention collective plus favorable prime toujours sur cette règle minimale du code du travail.

La fiscalité des indemnités journalières

Les indemnités journalières versées au titre d’un arrêt maladie ordinaire sont, en principe, intégralement soumises à l’impôt sur le revenu, comme un revenu de remplacement. Les indemnités journalières versées au titre d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle bénéficient en revanche d’un régime plus favorable : elles ne sont imposables qu’à hauteur de 50 % de leur montant. Dans les deux cas, l’impôt est prélevé à la source directement par la caisse d’Assurance Maladie au moment du versement, et le montant imposable figure ensuite pré-rempli sur la déclaration annuelle de revenus, qu’il convient de vérifier.

Un montant imposable différent selon l’origine de l’arrêt

Une indemnité journalière de maladie ordinaire est imposable en totalité, tandis qu’une indemnité journalière d’accident du travail ou de maladie professionnelle n’est imposable qu’à 50 % de son montant. Cette distinction figure directement sur l’attestation fiscale transmise par l’Assurance Maladie.

Questions fréquentes

Combien de jours de carence avant de toucher une indemnité journalière ?

Le délai de carence est de 3 jours pour un arrêt maladie ordinaire : aucune indemnité n’est versée pendant cette période par la Sécurité sociale, sauf convention collective plus favorable prévoyant un maintien de salaire dès le premier jour.

Comment calculer son salaire journalier de base ?

Il faut additionner les 3 derniers salaires bruts perçus avant l’arrêt de travail, puis diviser le total par 91,25. L’indemnité journalière correspond ensuite à 50 % de ce salaire journalier de base.

Quel est le montant maximum de l’indemnité journalière en 2026 ?

L’indemnité journalière maladie ne peut pas dépasser 42,97 euros bruts par jour en 2026, car le salaire pris en compte pour le calcul est plafonné à 1,4 fois le SMIC mensuel.

Le plafond de l’indemnité journalière a-t-il changé récemment ?

Oui. Un décret entré en vigueur le 1er avril 2025 a abaissé le coefficient de plafonnement de 1,8 fois à 1,4 fois le SMIC mensuel, ce qui a réduit le montant maximal des indemnités journalières.

L’employeur doit-il compléter l’indemnité journalière ?

Dans de nombreux cas, oui. Le code du travail et les conventions collectives prévoient un maintien de salaire à la charge de l’employeur, sous conditions d’ancienneté, qui s’ajoute à l’indemnité journalière de la Sécurité sociale.

À quelle fréquence sont versées les indemnités journalières ?

Le versement intervient en principe tous les 14 jours pendant la durée de l’arrêt de travail, sur le compte bancaire déclaré à l’Assurance Maladie.

Le délai de carence s’applique-t-il à chaque prolongation d’arrêt ?

Non, pas systématiquement. Les arrêts successifs liés à une affection de longue durée, ou une reprise suivie d’un nouvel arrêt dans les 48 heures, ne déclenchent pas un nouveau délai de carence.

Y a-t-il un délai de carence pour un accident du travail ?

Non. Contrairement à un arrêt maladie ordinaire, l’indemnisation d’un arrêt lié à un accident du travail ou à une maladie professionnelle démarre dès le lendemain de l’arrêt, sans délai de carence.

Une indemnité journalière d’accident du travail est-elle imposable ?

Oui, mais seulement à hauteur de 50 % de son montant, contrairement à une indemnité journalière de maladie ordinaire qui est imposable en totalité.

Sources