CSG et CRDS sur le salaire : taux et calcul en 2026
La CSG déductible est la part de la contribution sociale généralisée qui vient en déduction du revenu imposable, contrairement à la CSG non déductible et à la CRDS qui restent, elles, dans la base soumise à l'impôt sur le revenu. Sur un bulletin de paie, ces trois lignes apparaissent séparément parce qu'elles n'ont pas le même effet fiscal, alors qu'elles partagent la même base de calcul. Ce guide détaille les taux 2026, la règle de l'abattement qui s'applique avant leur calcul, et un exemple chiffré complet.
8 min de lecture · mis à jour le 01/09/2026
À retenir
- La CSG déductible est fixée à 6,8 % du salaire brut, la CSG non déductible à 2,4 %, et la CRDS à 0,5 %, soit 9,7 % au total.
- Seule la CSG déductible réduit le revenu imposable : la CSG non déductible et la CRDS restent soumises à l'impôt sur le revenu.
- La CSG et la CRDS ne portent pas sur la totalité du salaire brut, mais sur 98,25 % de ce montant, après un abattement forfaitaire de 1,75 % pour frais professionnels.
- Cet abattement de 1,75 % ne s'applique que jusqu'à 4 plafonds annuels de la sécurité sociale, soit 192 240 € en 2026 : au-delà, la CSG et la CRDS se calculent sur la totalité du brut.
- La CSG et la CRDS financent la sécurité sociale et le remboursement de la dette sociale, et concernent aussi bien les salaires que les pensions de retraite ou les allocations chômage, à des taux qui peuvent différer.
- Ces deux contributions apparaissent sur des lignes distinctes du bulletin de paie, mais partagent la même base de calcul avant abattement.
Cotisations
Qu'est-ce que la CSG déductible
La CSG déductible est la fraction de la contribution sociale généralisée qui peut être retranchée du revenu brut avant le calcul de l'impôt sur le revenu. Elle représente 6,8 % du salaire brut, sur une base légèrement réduite par un abattement forfaitaire. Elle apparaît sur le bulletin de paie séparément de la CSG non déductible et de la CRDS, alors que ces trois prélèvements sont calculés sur la même base et prélevés en même temps sur le salaire net.
Pourquoi cette distinction existe
La loi a créé deux catégories de CSG pour permettre à une partie de cette contribution sociale de venir réduire le revenu imposable, comme le ferait une cotisation salariale classique, tout en conservant l'autre partie dans la base taxable. Cette répartition est fixée par la loi de financement de la sécurité sociale et ne dépend ni de l'employeur ni du salarié.
CSG déductible, CSG non déductible et CRDS : trois lignes, trois taux
Sur un bulletin de paie de salarié du secteur privé, trois lignes se suivent généralement : la CSG déductible, la CSG non déductible, puis la CRDS. Elles sont calculées sur la même base, mais à des taux différents et avec un traitement fiscal différent. Le tableau ci-dessous résume les trois taux applicables en 2026.
| Prélèvement | Taux | Effet sur l'impôt sur le revenu |
|---|---|---|
| CSG déductible | 6,8 % | Réduit le revenu imposable |
| CSG non déductible | 2,4 % | Reste soumise à l'impôt sur le revenu |
| CRDS | 0,5 % | Reste soumise à l'impôt sur le revenu |
Sur quelle base sont calculées la CSG et la CRDS
La CSG et la CRDS ne se calculent pas sur la totalité du salaire brut. Un abattement forfaitaire pour frais professionnels de 1,75 % est appliqué avant le calcul, de sorte que la base retenue correspond à 98,25 % du salaire brut. Cet abattement s'applique automatiquement, sans démarche du salarié, et figure dans le détail du calcul effectué par le logiciel de paie de l'employeur.
Cet abattement de 1,75 % existe pour tenir compte, forfaitairement, des frais professionnels que le salarié engage pour exercer son activité, un peu à la manière de la déduction forfaitaire de 10 % appliquée au revenu imposable. Il ne s'agit toutefois pas du même mécanisme : l'abattement CSG-CRDS s'applique en amont, directement sur la base de calcul des deux contributions, tandis que la déduction de 10 % s'applique en aval, au moment de la déclaration de revenus, sur un montant différent.
- Base CSG-CRDS = salaire brut x 98,25 % (après abattement de 1,75 %).
- L'abattement s'applique dans la limite de 4 plafonds annuels de la sécurité sociale, soit 192 240 € en 2026.
- Au-delà de ce seuil, la CSG et la CRDS sont calculées sur la totalité du brut, sans abattement.
Pourquoi seule la CSG déductible réduit l'impôt
Le revenu net imposable, celui qui figure sur la déclaration de revenus et sert de base à l'impôt sur le revenu, se calcule en partant du salaire net, puis en réintégrant la CSG non déductible et la CRDS, qui n'ont pas d'effet sur l'impôt. La CSG déductible, à l'inverse, a déjà été retranchée du revenu avant que ce dernier ne soit soumis au barème de l'impôt : elle n'est donc jamais réintégrée dans le revenu net imposable.
Cette mécanique explique pourquoi le montant du revenu net imposable, indiqué sur le bulletin de paie de décembre ou sur le récapitulatif annuel, est légèrement supérieur au salaire net réellement perçu par le salarié : l'écart correspond précisément à la CSG non déductible et à la CRDS retenues sur l'année. Ce même mécanisme explique pourquoi deux salariés au même salaire net peuvent avoir un revenu net imposable légèrement différent, si leur situation par rapport au plafond de l'abattement de 1,75 % diffère.
- Salaire net à payer : ce que le salarié perçoit réellement sur son compte bancaire.
- Revenu net imposable : le salaire net à payer, augmenté de la CSG non déductible et de la CRDS retenues sur l'année.
- CSG déductible : jamais réintégrée, car déjà retranchée avant le calcul du revenu imposable.
Ce que financent la CSG et la CRDS
La contribution sociale généralisée finance la protection sociale : assurance maladie, prestations familiales, fonds de solidarité vieillesse et autonomie. La contribution au remboursement de la dette sociale, elle, finance exclusivement le remboursement de la dette accumulée par la sécurité sociale, gérée par la Caisse d'amortissement de la dette sociale. Ces deux contributions ne sont pas des cotisations qui ouvrent des droits individuels, contrairement aux cotisations vieillesse ou chômage : elles participent au financement collectif du système, indépendamment des droits que chaque salarié en retire.
CSG et CRDS ne concernent pas que le salaire
Les pensions de retraite, les allocations chômage et les revenus du capital sont également soumis à la CSG et à la CRDS, mais selon des taux et des règles d'exonération propres à chaque type de revenu, différents de ceux qui s'appliquent au salaire. Un salarié qui compare sa fiche de paie à celle d'un retraité de son entourage ne doit donc pas s'étonner d'y trouver des taux différents.
Tout salarié domicilié fiscalement en France et affilié à un régime obligatoire français d'assurance maladie est redevable de la CSG et de la CRDS sur son salaire, sans condition de revenu et sans exonération liée au niveau de rémunération : contrairement à certaines cotisations sociales, ces deux contributions s'appliquent dès le premier euro de salaire brut, y compris au niveau du SMIC. Les règles d'exonération partielle ou totale qui existent par ailleurs concernent d'autres catégories de revenus, en particulier certaines pensions de retraite modestes, mais pas les salaires du secteur privé ou de la fonction publique. Un salarié frontalier ou détaché depuis l'étranger peut se trouver dans une situation particulière selon sa résidence fiscale et son régime de sécurité sociale, mais ce cas reste marginal pour un salarié classique travaillant et résidant en France.
La création de la CSG en 1991 répondait à un objectif précis : élargir l'assiette du financement de la protection sociale au-delà des seuls revenus d'activité soumis aux cotisations classiques, en y intégrant notamment les revenus du patrimoine et les revenus de remplacement. La CRDS, créée en 1996, avait pour vocation d'apurer une dette sociale accumulée sur une durée initialement limitée, prorogée à plusieurs reprises depuis. Ces deux prélèvements, bien que souvent présentés ensemble sur le bulletin de paie, répondent donc à des logiques budgétaires distinctes.
Erreurs fréquentes à la lecture du bulletin de paie
La confusion la plus courante consiste à additionner la CSG déductible et la CSG non déductible en pensant obtenir un seul et même prélèvement à comparer à d'autres cotisations : en réalité, seule la somme des deux, soit 9,2 %, correspond à la CSG au sens large, la CRDS restant un prélèvement distinct de 0,5 %. Une autre erreur consiste à croire que l'abattement de 1,75 % s'applique au salaire net plutôt qu'au salaire brut, ce qui fausse toute vérification manuelle du calcul.
Une troisième confusion touche la déclaration de revenus : certains salariés cherchent à déduire eux-mêmes la CSG déductible de leur revenu déclaré, alors que l'administration fiscale effectue déjà cette opération à partir des données transmises par l'employeur dans le cadre de la déclaration sociale nominative. Aucune démarche complémentaire n'est nécessaire de la part du salarié pour bénéficier de cette déduction.
- Confondre la CSG déductible seule avec le total CSG plus CRDS.
- Appliquer l'abattement de 1,75 % sur le mauvais montant de départ.
- Oublier que le revenu net imposable n'est pas identique au salaire net versé sur le compte bancaire.
- Chercher à déduire soi-même la CSG déductible sur sa déclaration de revenus, alors que le montant préaffiché en tient déjà compte.
Exemple chiffré : le calcul sur un salaire au SMIC
L'exemple suivant applique la règle à un salaire brut mensuel correspondant au SMIC 2026, pour un salarié à temps plein sur la base de 151,67 heures mensuelles.
CSG et CRDS sur un salaire brut de 1 867,02 €
Le salaire brut mensuel est de 1 867,02 €. La base de calcul, après abattement de 1,75 %, s'élève à 1 867,02 x 0,9825 = 1 834,35 €. La CSG déductible se calcule ainsi : 1 834,35 x 6,8 % = 124,74 €. La CSG non déductible : 1 834,35 x 2,4 % = 44,02 €. La CRDS : 1 834,35 x 0,5 % = 9,17 €. Le total CSG plus CRDS retenu sur le salaire s'élève donc à 124,74 + 44,02 + 9,17 = 177,93 €, dont 124,74 € viendront réduire le revenu net imposable de l'année.
Cas particulier des hauts revenus au-delà de 4 plafonds annuels
Pour un salarié dont la rémunération brute annuelle dépasse 4 plafonds annuels de la sécurité sociale, soit 192 240 € en 2026, la part de rémunération excédant ce seuil n'ouvre plus droit à l'abattement de 1,75 % : la CSG et la CRDS sont alors calculées sur la totalité du montant excédentaire, sans réfaction. Ce mécanisme concerne un nombre restreint de salariés, essentiellement des cadres dirigeants ou des professions à très haute rémunération, et se traduit par un léger surcroît de prélèvement sur la fraction de salaire concernée.
- Identifier la part de rémunération brute annuelle qui dépasse 192 240 €.
- Appliquer l'abattement de 1,75 % uniquement à la part inférieure à ce seuil.
- Calculer la CSG et la CRDS sur l'intégralité de la part qui dépasse le seuil, sans abattement.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre CSG déductible et CSG non déductible ?
La CSG déductible (6,8 %) réduit le revenu imposable, alors que la CSG non déductible (2,4 %) reste incluse dans la base soumise à l'impôt sur le revenu, bien que les deux soient prélevées de la même façon sur le salaire.
La CRDS est-elle déductible des impôts ?
Non, la CRDS (0,5 %) n'est jamais déductible du revenu imposable, quelle que soit la nature du revenu sur lequel elle est prélevée.
Sur quel montant se calcule la CSG déductible ?
Elle se calcule sur le salaire brut après un abattement forfaitaire de 1,75 % pour frais professionnels, soit sur 98,25 % du brut, dans la limite de 4 plafonds annuels de la sécurité sociale.
Pourquoi mon net imposable est-il plus élevé que mon salaire net ?
Parce que la CSG non déductible et la CRDS, retenues sur le salaire net versé, sont réintégrées dans le calcul du revenu net imposable, contrairement à la CSG déductible qui en a déjà été retranchée.
Le taux de CSG est-il le même sur une pension de retraite ?
Non, les pensions de retraite, les allocations chômage et les revenus du capital sont soumis à des taux de CSG et à des règles d'exonération propres, différents de ceux appliqués au salaire.
L'abattement de 1,75 % s'applique-t-il à tous les salaires ?
Il s'applique à la part de rémunération brute annuelle inférieure à 4 plafonds annuels de la sécurité sociale, soit 192 240 € en 2026 ; au-delà, la CSG et la CRDS sont calculées sans abattement.
CSG et CRDS financent-elles la retraite du salarié ?
Non, ce sont des contributions qui financent la protection sociale et le remboursement de la dette sociale, et non des cotisations qui ouvrent des droits individuels à la retraite comme le font les cotisations vieillesse.
Sources
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