Barème Salaires réels

Les cotisations salariales retenues sur le salaire brut

La cotisation salariale correspond à la part des charges sociales retenue directement sur le salaire brut d’un employé, avant qu’il ne perçoive son net à payer. Elle finance la retraite de base, la retraite complémentaire, ainsi que la CSG et la CRDS, chacune calculée sur une base et un taux propres, détaillés ligne par ligne sur le bulletin de paie.

8 min de lecture · mis à jour le 01/09/2026

À retenir

  • Les cotisations salariales représentent en général un peu plus du cinquième du salaire brut pour un salarié non cadre, un peu plus pour un cadre.
  • Elles se calculent sur plusieurs bases différentes : le brut total, la tranche 1 (jusqu’au plafond mensuel de la Sécurité sociale), la tranche 2 (au-dessus de ce plafond) et la base CSG.
  • La retraite complémentaire Agirc-Arrco et la CSG-CRDS représentent, à elles seules, la majeure partie de la cotisation salariale totale.
  • Un cadre paie une cotisation Apec en plus d’un non-cadre, et peut être concerné par la CET si le salaire annuel dépasse un plafond de la Sécurité sociale.
  • La base CSG n’est pas égale au salaire brut : elle correspond au brut réduit d’un abattement forfaitaire de 1,75 %, plafonné à 4 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale.
  • Le taux global de cotisation salariale n’est pas fixe : il varie selon le statut cadre ou non cadre, le niveau de salaire, et le franchissement ou non du plafond de la Sécurité sociale.

Cotisations

Qu’est-ce qu’une cotisation salariale ?

Une cotisation salariale est une somme prélevée directement sur le salaire brut d’un employé pour financer les régimes de protection sociale : retraite de base, retraite complémentaire, contribution à la dette sociale. Elle se distingue de la cotisation patronale, qui est financée par l’employeur en plus du salaire brut et n’apparaît jamais dans le calcul du net à payer du salarié, même si les deux figurent côte à côte sur le bulletin de paie.

Chaque cotisation salariale se calcule en appliquant un taux à une base précise, qui n’est pas toujours le salaire brut total. Certaines cotisations, comme la retraite complémentaire, se calculent sur des tranches de salaire distinctes, découpées par rapport au plafond mensuel de la Sécurité sociale, tandis que d’autres, comme la CSG et la CRDS, se calculent sur une base spécifique appelée base CSG.

Le bulletin de paie détaille chaque cotisation sur une ligne distincte, avec sa base, son taux et le montant retenu, plutôt que d’afficher un seul total global. Cette présentation ligne par ligne permet de vérifier le calcul de chaque cotisation séparément, mais elle rend aussi le bulletin difficile à lire pour qui cherche simplement le taux global de cotisation salariale appliqué à son salaire.

  • Cotisation vieillesse déplafonnée : calculée sur la totalité du salaire brut
  • Cotisation vieillesse plafonnée : calculée uniquement sur la tranche 1 du salaire
  • Retraite complémentaire Agirc-Arrco : calculée sur la tranche 1 et la tranche 2
  • CSG et CRDS : calculées sur la base CSG, différente du salaire brut

Les tranches 1 et 2 du salaire : à quoi servent-elles ?

La tranche 1 correspond à la partie du salaire brut mensuel comprise entre 0 € et le plafond mensuel de la Sécurité sociale. La tranche 2 correspond à la partie du salaire brut mensuel qui dépasse ce plafond, jusqu’à un second plafond fixé à 8 fois le plafond mensuel. Cette distinction en tranches ne concerne que certaines cotisations, en premier lieu la retraite complémentaire Agirc-Arrco et les cotisations qui lui sont associées.

Un salarié dont le brut dépasse le plafond de la Sécurité sociale

Un salarié dont le salaire brut mensuel est inférieur ou égal au plafond mensuel de la Sécurité sociale n’a que de la tranche 1, sa tranche 2 est nulle. Dès que son brut dépasse ce plafond, la part excédentaire bascule en tranche 2, avec des taux de cotisation différents.

Cette logique de tranches explique pourquoi le taux global de cotisation salariale n’est pas strictement identique d’un salaire à l’autre : un salarié dont le brut dépasse le plafond mensuel paie, sur la partie en tranche 2, des taux de retraite complémentaire plus élevés que sur sa tranche 1, ce qui augmente légèrement le poids relatif de ses cotisations salariales.

La base CSG : une base différente du salaire brut

La CSG et la CRDS ne se calculent pas directement sur le salaire brut, mais sur la base CSG, égale au salaire brut réduit d’un abattement forfaitaire de 1,75 % pour frais professionnels. Cet abattement est plafonné : il ne s’applique que sur la part du salaire brut qui reste inférieure à 4 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale, au-delà de ce seuil la base CSG redevient égale au brut.

Cette base CSG sert ensuite au calcul de trois prélèvements distincts : la CSG déductible, la CSG non déductible, et la CRDS. Seule la CSG déductible réduit le revenu net imposable du salarié, la CSG non déductible et la CRDS restant, elles, incluses dans ce revenu imposable malgré leur prélèvement effectif sur le salaire.

  • Base CSG = salaire brut moins 1,75 % du brut, dans la limite de 4 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale
  • CSG déductible (6,8 % de la base CSG) : réduit le revenu net imposable
  • CSG non déductible (2,4 % de la base CSG) : reste dans le revenu net imposable
  • CRDS (0,5 % de la base CSG) : reste également dans le revenu net imposable

Le détail des taux de cotisation salariale en 2026

Taux de cotisation salariale (part employé) au 1er janvier 2026
CotisationBaseTaux salarié
Assurance vieillesse déplafonnéeBrut total0,40 %
Assurance vieillesse plafonnéeTranche 16,90 %
Retraite complémentaire Agirc-ArrcoTranche 13,15 %
Retraite complémentaire Agirc-ArrcoTranche 28,64 %
Contribution d’équilibre général (CEG)Tranche 10,86 %
Contribution d’équilibre général (CEG)Tranche 21,08 %
Contribution d’équilibre technique (CET, si brut annuel > 1 PASS)Tranches 1 et 20,14 %
Cotisation Apec (cadres uniquement)Tranches 1 et 20,024 %
CSG déductibleBase CSG6,80 %
CSG non déductibleBase CSG2,40 %
CRDSBase CSG0,50 %

Ces taux s’appliquent au régime général des salariés du secteur privé, hors régimes spécifiques d’Alsace-Moselle qui ajoutent une cotisation maladie salariale de 1,5 % sur le brut total, absente du régime général. Ils sont identiques pour tous les employeurs relevant du régime général, quelle que soit la taille de l’entreprise, la seule variable étant le statut cadre ou non cadre du salarié.

Exemple de calcul complet sur un salaire brut de 5 000 €

Un salarié cadre au salaire brut mensuel de 5 000 €

Le plafond mensuel de la Sécurité sociale étant de 4 005 €, la tranche 1 de ce salaire s’élève à 4 005 € et la tranche 2 à 995 €. La base CSG, égale au brut réduit de l’abattement de 1,75 %, s’élève à 4 912,50 €. Le détail des cotisations salariales est le suivant : vieillesse déplafonnée, 0,40 % du brut, soit 20,00 € ; vieillesse plafonnée, 6,90 % de la tranche 1, soit 276,35 € ; retraite complémentaire tranche 1, 3,15 %, soit 126,16 € ; retraite complémentaire tranche 2, 8,64 %, soit 85,97 € ; CEG tranche 1, 0,86 %, soit 34,44 € ; CEG tranche 2, 1,08 %, soit 10,75 € ; CET, 0,14 % du brut total car ce salarié dépasse un plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 7,00 € ; Apec, 0,024 % du brut, soit 1,20 € puisqu’il est cadre ; CSG déductible, 6,80 % de la base CSG, soit 334,05 € ; CSG non déductible, 2,40 %, soit 117,90 € ; CRDS, 0,50 %, soit 24,56 €. Le total des cotisations salariales atteint environ 1 038,38 €, ce qui laisse un net avant impôt d’environ 3 961,62 €, avant application du prélèvement à la source.

Ce total représente environ 20,8 % du salaire brut, un taux légèrement supérieur à celui d’un salarié non cadre au même niveau de brut, du fait de la cotisation Apec et, surtout, du franchissement du plafond mensuel de la Sécurité sociale qui déclenche la CET et la tranche 2 de la retraite complémentaire.

Pourquoi le taux de cotisation varie-t-il d’un salarié à l’autre ?

Le taux global de cotisation salariale n’est jamais un pourcentage unique appliqué uniformément à tous les salaires : il résulte de l’addition de plusieurs cotisations, chacune avec sa propre base et son propre taux, ce qui fait varier le taux global selon le niveau de brut, le statut cadre, et le franchissement ou non du plafond mensuel de la Sécurité sociale.

  • Un salarié non cadre dont le brut reste sous le plafond mensuel n’a ni CET ni Apec, son taux global est donc plus bas
  • Un cadre paie systématiquement la cotisation Apec, même si son brut reste sous le plafond
  • La CET ne s’applique qu’au-delà d’un salaire annuel supérieur à un plafond de la Sécurité sociale
  • Un salarié en Alsace-Moselle paie une cotisation maladie supplémentaire de 1,5 % sur son brut total

Cotisation salariale et cotisation patronale : ne pas confondre

La cotisation salariale est retenue sur le brut et réduit directement le net à payer du salarié. La cotisation patronale, financée par l’employeur en plus du salaire brut, n’apparaît jamais dans le calcul du net perçu, même si son montant figure sur le bulletin de paie à titre d’information.

Erreurs fréquentes de lecture du bulletin de paie

  • Confondre le taux de cotisation salariale global avec le taux de prélèvement à la source, qui s’applique séparément après le calcul du net imposable
  • Additionner les taux affichés sur le bulletin sans tenir compte du fait que chacun se calcule sur une base différente
  • Oublier que la tranche 2 ne s’applique qu’à la part du brut qui dépasse le plafond mensuel de la Sécurité sociale, jamais à la totalité du salaire
  • Croire que la base CSG est égale au salaire brut, alors qu’elle intègre un abattement forfaitaire de 1,75 %

Ces confusions expliquent pourquoi deux salariés au même salaire brut peuvent afficher des montants de cotisations légèrement différents sur leur bulletin : le statut cadre ou non cadre, la localisation en Alsace-Moselle, ou le simple franchissement du plafond mensuel de la Sécurité sociale suffisent à faire varier le détail des lignes, sans que le calcul global soit pour autant erroné.

Questions fréquentes

Quel est le pourcentage de cotisation salariale sur un salaire brut ?

Il se situe généralement entre un cinquième et un quart du salaire brut, un peu plus pour un cadre dont le salaire dépasse le plafond mensuel de la Sécurité sociale, un peu moins pour un non-cadre en dessous de ce plafond.

Pourquoi la cotisation retraite complémentaire a-t-elle deux taux différents ?

Parce qu’elle se calcule sur deux tranches de salaire distinctes, la tranche 1 jusqu’au plafond mensuel de la Sécurité sociale et la tranche 2 au-delà, chacune avec son propre taux de cotisation.

Qu’est-ce que la base CSG sur le bulletin de paie ?

C’est le salaire brut réduit d’un abattement forfaitaire de 1,75 % pour frais professionnels, plafonné à 4 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale : elle sert de base au calcul de la CSG et de la CRDS.

Un salarié non cadre paie-t-il la cotisation Apec ?

Non, la cotisation Apec ne concerne que les salariés cadres, quel que soit leur niveau de salaire.

Qu’est-ce que la CET sur le bulletin de paie ?

La contribution d’équilibre technique s’applique uniquement lorsque le salaire annuel brut dépasse un plafond de la Sécurité sociale, sur la totalité du salaire, tranche 1 et tranche 2 confondues.

Les cotisations salariales sont-elles les mêmes pour tous les employeurs ?

Oui pour le régime général du secteur privé : les taux sont fixés au niveau national, sauf en Alsace-Moselle où une cotisation maladie salariale supplémentaire de 1,5 % s’ajoute sur le brut total.

Comment vérifier que ses cotisations salariales sont correctes ?

En reconstituant le calcul ligne par ligne à partir du brut, de la tranche 1, de la tranche 2 et de la base CSG, chacune avec son taux propre, plutôt qu’en cherchant un pourcentage unique appliqué au brut total.

Sources