Barème Salaires réels

Le calcul de l'allocation chômage (ARE) en 2026

Le calcul de l'ARE part du salaire journalier de référence (SJR), auquel s'appliquent deux formules concurrentes dont la plus favorable au demandeur d'emploi est retenue, dans la limite d'un plancher et d'un plafond fixés chaque année. La durée d'indemnisation dépend de l'âge et du nombre de jours travaillés au cours des mois précédents. Un salaire élevé peut en outre déclencher une dégressivité de l'allocation après plusieurs mois d'indemnisation.

8 min de lecture · mis à jour le 01/09/2026

À retenir

  • L'allocation journalière retient le montant le plus élevé entre deux formules : 40,4 % du salaire journalier de référence (SJR) plus 13,18 €, ou 57 % du SJR.
  • L'allocation journalière ne peut pas descendre sous 32,13 € par jour pour un temps plein, ni dépasser 75 % du salaire journalier de référence.
  • La durée d'indemnisation dépend de l'âge à la fin du contrat : jusqu'à 18 mois avant 55 ans, 22,5 mois entre 55 et 56 ans, 27 mois à partir de 57 ans, sous l'effet d'un coefficient réducteur actuellement appliqué.
  • Depuis le 1er septembre 2026, une rupture conventionnelle ouvre droit à une durée d'indemnisation réduite : 15 mois avant 55 ans, 20,5 mois à partir de 55 ans, en métropole.
  • Une allocation journalière supérieure à 92,57 € est réduite de 30 % à partir du 7e mois d'indemnisation pour les allocataires de moins de 55 ans.
  • Le versement de l'allocation ne démarre qu'après un délai d'attente de 7 jours et, selon les indemnités touchées à la rupture, un différé pouvant aller jusqu'à 150 jours.

Fin de contrat

Comment se calcule le montant de l'allocation chômage (ARE)

Le calcul de l'ARE commence par la détermination du salaire journalier de référence (SJR), obtenu en divisant le total des rémunérations brutes soumises à contribution chômage perçues au cours de la période de référence par le nombre de jours calendaires correspondants. France Travail applique ensuite deux formules de calcul de l'allocation journalière brute et retient automatiquement celle qui donne le montant le plus élevé pour le demandeur d'emploi. Le résultat est ensuite comparé à un plancher et à un plafond fixés en pourcentage du SJR, ce qui garantit un minimum à tous les allocataires ayant travaillé à temps plein tout en évitant qu'une allocation dépasse une part trop importante de l'ancien salaire.

Les deux formules de calcul de l'allocation journalière
FormuleCalculQuand elle est la plus favorable
Formule avec partie fixe40,4 % du SJR + 13,18 €Pour les salaires faibles et moyens, la partie fixe pèse proportionnellement plus
Formule au pourcentage57 % du SJRPour les salaires plus élevés, où la partie fixe pèse peu face à un pourcentage plus élevé

Calcul de l'allocation journalière pour un salaire de 2 200 € brut

Un salarié dont le salaire brut mensuel était de 2 200 € pendant toute la période de référence a un SJR d'environ 72,33 € (2 200 x 12 / 365, arrondi). Formule 1 : 40,4 % de 72,33 € = 29,22 €, plus 13,18 €, soit 42,40 € par jour. Formule 2 : 57 % de 72,33 € = 41,23 € par jour. France Travail retient la formule 1, plus favorable ici, soit une allocation journalière de 42,40 €, très au-dessus du plancher de 32,13 € et bien en dessous du plafond de 75 % du SJR (54,25 €). Sur un mois de 30 jours, cela représente environ 1 272 € brut d'allocation.

Le salaire journalier de référence : ce qui entre dans le calcul

Le salaire de référence retenu pour calculer le SJR intègre l'ensemble des rémunérations brutes ayant donné lieu à contribution d'assurance chômage : salaire de base, primes, heures supplémentaires, treizième mois versé sur la période. Les indemnités de rupture (licenciement, rupture conventionnelle) n'entrent pas dans cette base, sauf leur éventuelle part de salaire différé. Le nombre de jours retenus au dénominateur correspond aux jours calendaires de la période de référence, périodes de suspension du contrat non travaillées comprises dans certains cas, ce qui peut réduire le SJR d'un salarié ayant connu des arrêts de travail longs pendant cette période.

  • Le salaire de base, les primes régulières et les heures supplémentaires entrent dans le salaire de référence du SJR.
  • Les indemnités de rupture du contrat (indemnité de licenciement, indemnité de rupture conventionnelle) n'entrent pas dans cette base.
  • Certaines périodes de suspension du contrat (maladie longue, par exemple) peuvent être neutralisées dans le calcul pour ne pas pénaliser artificiellement le SJR.
  • Tous les éléments retenus pour le calcul figurent sur l'attestation employeur remise à France Travail lors de la rupture du contrat.

Piège fréquent

Un salarié qui compare son ancien salaire net mensuel à son allocation journalière multipliée par 30 se trompe souvent de base : le SJR se calcule sur le salaire brut, et l'allocation journalière brute subit ensuite un prélèvement de CSG et de CRDS avant versement, sauf pour les allocataires au minimum.

Combien de temps dure l'indemnisation chômage

La durée d'indemnisation dépend d'abord du nombre de jours travaillés au cours des 24 mois précédant la fin du contrat (36 mois pour les 55 ans et plus), avec une durée minimale de 182 jours, soit environ 6 mois, pour un salarié ayant travaillé au moins 130 jours ou 910 heures. La durée maximale dépend ensuite de l'âge atteint à la date de fin du contrat de travail. Un coefficient réducteur, dit contracyclique, s'applique actuellement à ces durées maximales lorsque le marché du travail est jugé suffisamment favorable par les autorités, ce qui réduit d'un quart les durées de base.

Durée maximale d'indemnisation selon l'âge (règle générale, hors rupture conventionnelle dès septembre 2026)
Âge à la fin du contratDurée de baseDurée actuellement appliquée (coefficient réducteur)
Moins de 55 ans24 mois18 mois (548 jours)
55 ou 56 ans30 mois22,5 mois (685 jours)
57 ans et plus36 mois27 mois (822 jours)

Changement de règle depuis le 1er septembre 2026

Pour toute rupture conventionnelle dont le contrat prend fin à compter du 1er septembre 2026, la durée maximale d'indemnisation est réduite par rapport à la règle générale : 15 mois pour les allocataires de moins de 55 ans, 20,5 mois à partir de 55 ans, en métropole. Cette règle spécifique ne s'applique pas aux autres motifs de rupture (licenciement, fin de CDD), qui restent soumis à la durée générale du tableau ci-dessus.

La dégressivité de l'allocation pour les hauts salaires

Les allocataires de moins de 55 ans à la fin de leur contrat, dont l'ancien salaire brut mensuel dépassait environ 4 940 €, voient leur allocation journalière réduite de 30 % à partir du 7e mois d'indemnisation, c'est à dire à compter du 183e jour. Cette réduction ne peut jamais faire descendre l'allocation journalière sous un plancher de 92,57 €. Les allocataires de 55 ans et plus à la fin de leur contrat ne sont pas concernés par cette dégressivité, quel que soit leur ancien niveau de salaire.

  • La dégressivité concerne les allocataires de moins de 55 ans dont l'allocation journalière initiale dépasse 92,57 €.
  • Elle s'applique automatiquement au 7e mois d'indemnisation, sans démarche du demandeur d'emploi.
  • La réduction est de 30 % de l'allocation journalière, avec un plancher de 92,57 € par jour après réduction.
  • Une reprise d'activité suffisamment longue peut interrompre le décompte des mois avant application de la dégressivité.

Effet de la dégressivité sur une allocation élevée

Un cadre dont le salaire brut mensuel atteignait 5 800 € perçoit une allocation journalière initiale d'environ 132 €, calculée à partir de son SJR. À partir du 7e mois d'indemnisation, cette allocation est réduite de 30 %, ce qui donnerait environ 92,40 € (132 € x 70 %), un montant inférieur au plancher de 92,57 € : la réduction s'arrête donc à ce plancher, et l'allocation journalière retenue est de 92,57 € par jour. Sur un mois de 30 jours, l'allocation passe ainsi d'environ 3 960 € à environ 2 777 € brut.

Les délais avant le premier versement de l'allocation

Le versement de l'ARE ne démarre jamais le lendemain de la fin du contrat de travail : plusieurs délais s'appliquent en cascade avant le premier paiement. Ces délais visent à tenir compte des sommes déjà perçues par le salarié à la rupture de son contrat, notamment les indemnités qui dépassent le minimum légal ou conventionnel.

  1. Un différé spécifique s'applique si le salarié a perçu une indemnité de congés payés non pris, dans la limite de 30 jours.
  2. Un différé lié aux indemnités de rupture s'applique ensuite, dans la limite de 150 jours en général, ramenée à 75 jours en cas de licenciement pour motif économique.
  3. Un délai d'attente incompressible de 7 jours s'applique enfin, une seule fois par période de 12 mois entre deux inscriptions.
  4. Le premier versement intervient après ces délais, puis l'allocation est versée mensuellement à terme échu, sur la base du nombre de jours indemnisables du mois.

Reprise d'activité, formation et cumul avec un salaire

Un demandeur d'emploi qui reprend une activité réduite pendant son indemnisation peut cumuler une partie de son allocation avec son nouveau salaire, dans la limite du montant de son ancien salaire de référence : France Travail déduit de l'allocation mensuelle un nombre de jours non indemnisables calculé à partir des revenus de l'activité reprise. Ce mécanisme permet de reprendre un emploi à temps partiel ou une mission courte sans perdre l'intégralité de ses droits, et prolonge d'autant la durée totale des droits restants, dans la limite des durées maximales prévues selon l'âge. Une entrée en formation validée par France Travail peut également prolonger la durée d'indemnisation au-delà de la durée initialement prévue, le temps de la formation.

  • Le cumul allocation et salaire d'activité reprise est possible tant que le cumul ne dépasse pas l'ancien salaire de référence.
  • Les jours non indemnisables liés à une activité reprise ne sont pas perdus : ils repoussent d'autant la fin des droits, dans la limite de la durée maximale.
  • Une formation validée par France Travail dans le cadre du projet personnalisé peut prolonger l'indemnisation au-delà de la durée initiale.
  • Le défaut d'actualisation mensuelle auprès de France Travail entraîne la suspension du versement de l'allocation.

L'actualisation mensuelle, réalisée en ligne sur l'espace personnel France Travail, conditionne le versement de l'allocation du mois écoulé : elle permet de déclarer les périodes travaillées, les revenus perçus et tout changement de situation susceptible d'affecter les droits. Un demandeur d'emploi qui retrouve un emploi durable doit signaler sa reprise d'activité, ce qui met fin au versement de l'ARE tout en conservant un reliquat de droits non utilisés, mobilisable en cas de nouvelle perte d'emploi dans un délai fixé par la réglementation.

Questions fréquentes

Comment est calculé le salaire journalier de référence pour l'ARE ?

Il correspond au total des rémunérations brutes soumises à contribution chômage perçues pendant la période de référence, divisé par le nombre de jours calendaires de cette période, certaines périodes de suspension du contrat pouvant être neutralisées.

Quel est le montant minimum de l'allocation chômage en 2026 ?

L'allocation journalière ne peut pas descendre sous 32,13 € par jour pour un demandeur d'emploi ayant travaillé à temps plein, ce montant étant proratisé pour un ancien temps partiel.

Combien de temps peut-on toucher le chômage en 2026 ?

La durée maximale actuellement appliquée va de 18 mois pour les moins de 55 ans à 27 mois pour les 57 ans et plus, sauf pour les ruptures conventionnelles conclues à compter du 1er septembre 2026, soumises à des durées réduites de 15 à 20,5 mois.

L'allocation chômage baisse-t-elle après plusieurs mois d'indemnisation ?

Oui, pour les allocataires de moins de 55 ans dont l'allocation journalière dépasse 92,57 €, une réduction de 30 % s'applique automatiquement à partir du 7e mois d'indemnisation, sans jamais descendre sous ce même plancher.

Pourquoi mon allocation chômage ne commence-t-elle pas immédiatement ?

Un délai d'attente de 7 jours et, selon les indemnités perçues à la rupture du contrat, un différé pouvant atteindre 150 jours s'appliquent avant le premier versement.

Peut-on cumuler l'ARE avec un salaire en cas de reprise d'activité ?

Oui, dans la limite du montant de l'ancien salaire de référence : France Travail déduit un nombre de jours non indemnisables du mois, ce qui prolonge d'autant la durée restante des droits.

Le chômage est-il calculé différemment après une rupture conventionnelle ?

Le mode de calcul du montant journalier est identique, mais depuis le 1er septembre 2026 la durée maximale d'indemnisation est réduite pour les ruptures conventionnelles par rapport aux autres motifs de rupture.

Sources