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CHU de Reims : ce que les soignants en grève depuis le 30 septembre réclament sur leur fiche de paie

Deux services pédiatriques du CHU de Reims sont en grève illimitée depuis le 30 septembre : 200 à 250 heures supplémentaires payées en heures normales.

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Affichettes de grève scotchées dans un couloir d'hôpital, soignants adultes en blouse flous au fond près d'une porte de service

Des heures en plus, payées comme des heures ordinaires : c'est ce que dénoncent les soignants de deux services pédiatriques du CHU de Reims, en grève illimitée depuis le 30 septembre. Entre 200 et 250 heures supplémentaires par agent, selon la CGT. Voici ce qu'ils demandent et où en est le bras de fer.

En bref

  • Réanimation et surveillance continue pédiatriques du CHU de Reims sont en grève illimitée depuis le 30 septembre.
  • Selon la CGT, presque tous les agents cumulent entre 200 et 250 heures supplémentaires, rémunérées comme des heures normales.
  • Une rencontre fin septembre n'a débouché sur aucun compromis, et la direction n'a pas souhaité s'exprimer le 8 octobre.

Le chiffre clé : 200 à 250 heures d'heures supplémentaires par agent, selon la CGT, payées comme des heures normales.

Entre 200 et 250 heures supplémentaires par agent, payées au tarif normal selon la CGT

Sur une fiche de paie, une heure supplémentaire ne devrait pas se confondre avec une heure ordinaire. C'est précisément le reproche formulé au CHU de Reims, où les grévistes demandent la reconnaissance et le paiement de leurs heures en plus.

Le chiffre avancé est lourd. Infirmière et secrétaire générale de la CGT au CHU, Valérie Rozalski affirme que presque tous les agents des deux services se situent dans cette fourchette :

« L'administration nous rappelle sans cesse le déficit de l'hôpital. Les agents sont presque tous entre 200 et 250 heures supplémentaires, mais ils sont payés en heure normales. »

Valérie Rozalski, infirmière et secrétaire générale de la CGT au CHU de Reims

Deux revendications se superposent donc. D'un côté, que ces heures soient officiellement reconnues. De l'autre, qu'elles soient réglées en tant qu'heures supplémentaires, et non au tarif d'une heure normale. Ces chiffres sont ceux du syndicat : la direction, elle, dit n'en avoir aucun à communiquer.

Deux services pédiatriques et une cinquantaine de grévistes

Le mouvement touche le service de réanimation pédiatrique et l'unité de surveillance continue (USC) pédiatrique. La grève est illimitée : aucune date de fin n'est fixée. Elle a démarré à l'appel de la CGT, après un courrier de préavis envoyé à la direction le 24 septembre.

Sur les murs des services, des affiches affichent le ton : « La qualité des soins commence par des effectifs suffisants », ou encore « Des lits oui, des soignants pour les prendre en charge aussi ».

RepèreDonnée
Préavis de grève envoyé24 septembre
Début de la grève illimitée30 septembre
Infirmières et puéricultrices grévistes32
Auxiliaires de puériculture grévistes18
Heures supplémentaires par agent200 à 250, selon la CGT

Au total, cela fait 50 soignants engagés dans le mouvement, d'après la représentante syndicale.

Des absences non remplacées qui font gonfler les heures

Pourquoi ces heures s'accumulent-elles ? Pour la CGT, la réponse tient au remplacement. Valérie Rozalski l'explique ainsi : « Au CHU, vous n'êtes pas nécessairement remplacé quand vous êtes absent. Ceux qui sont là doivent donc faire des heures de plus pour pallier cette situation. »

Elle évoque un taux d'absentéisme lié, entre autres, aux congés maternité. Quand un poste reste vide, les collègues présents prolongent leur présence. Le temps de travail supplémentaire n'est donc pas un choix individuel, mais la conséquence d'un effectif jugé insuffisant.

Le préavis de grève va plus loin que la seule question salariale. Il mentionnait une « dégradation de la santé mentale des professionnels en lien direct avec la dégradation des conditions de travail ». La CGT réclame par ailleurs une meilleure formation des infirmières et des auxiliaires de puériculture.

Une rencontre fin septembre, mais toujours aucun compromis

Grévistes et dirigeants se sont parlé dès la fin septembre. Ce premier échange n'a rien réglé, et le dialogue n'a pour l'instant abouti à aucun compromis.

Le syndicat juge insuffisantes les propositions de la direction. Valérie Rozalski l'a dit sans détour : « Les propositions faites par la direction ne nous conviennent pas. Nous allons envoyer des contre-propositions. » Le contenu exact des offres de l'hôpital n'a pas été détaillé.

Du côté de la direction, le silence domine. Contactée, elle a indiqué n'avoir aucun chiffre à communiquer et n'a pas souhaité faire de déclaration le jeudi 8 octobre, soit plus d'une semaine après le début de la grève. Autrement dit, le décompte des heures reste, à ce stade, uniquement documenté par le syndicat.

Ce que ce conflit rappelle sur vos propres heures en plus

Cette grève pose une question que tout salarié peut se poser : mes heures supplémentaires sont-elles comptées, et à quel tarif ? Ici, le désaccord porte sur les deux points à la fois. Reconnaître une heure, c'est la faire apparaître. La payer comme une heure supplémentaire, c'est en changer la valeur sur la fiche de paie.

À Reims, aucune issue n'est connue. Les grévistes préparent leurs contre-propositions et la direction n'a rien dit publiquement. Si un accord est trouvé, il dira si ces centaines d'heures par agent sont reconnues, et comment elles seront réglées.

Vos questions

Combien d'heures supplémentaires les soignants de Reims disent-ils avoir accumulées ?

D'après Valérie Rozalski, secrétaire générale de la CGT au CHU, les agents sont presque tous entre 200 et 250 heures supplémentaires. Elle affirme qu'elles sont payées en heures normales. La direction n'a communiqué aucun chiffre.

Quels services sont concernés par la grève ?

Il s'agit de la réanimation pédiatrique et de l'unité de surveillance continue pédiatrique du CHU de Reims. La grève est illimitée depuis le 30 septembre. Selon la CGT, 32 infirmières et puéricultrices et 18 auxiliaires de puériculture y participent.

Un accord a-t-il été trouvé avec la direction ?

Non, pas à ce stade. Une rencontre a eu lieu fin septembre, mais aucun compromis n'en est sorti. La CGT juge les propositions de la direction insuffisantes et annonce l'envoi de contre-propositions.

Sources : france3-regions.francetvinfo.fr.