Le revenu net imposable à déclarer : calcul et définition
Le calcul du revenu net imposable consiste à partir du salaire net à payer et à y réintégrer certains montants qui restent soumis à l’impôt, comme la CSG non déductible et la CRDS, même s’ils ont déjà été prélevés sur le bulletin de paie. Ce montant, différent du net à payer et du salaire brut, est celui qui figure sur la déclaration de revenus préremplie chaque printemps.
8 min de lecture · mis à jour le 01/09/2026
À retenir
- Le net imposable n’est ni le salaire brut ni le net à payer : il se situe entre les deux, sur le bulletin de paie.
- La CSG non déductible (2,4 %) et la CRDS (0,5 %) restent incluses dans le net imposable, contrairement à la CSG déductible (6,8 %).
- Le net imposable figure sur chaque bulletin de paie depuis la réforme de simplification de la fiche de paie, et cumulé en fin d’année sur le récapitulatif annuel.
- La déclaration de revenus est préremplie avec le montant transmis par l’employeur, mais elle reste à vérifier et à corriger si besoin.
- Une déduction forfaitaire de 10 % pour frais professionnels s’applique ensuite sur la déclaration, entre un plancher de 509 € et un plafond de 14 555 € par foyer fiscal.
- Le prélèvement à la source, lui, n’intervient pas dans le calcul du net imposable : c’est un acompte sur l’impôt, pas un élément du revenu.
Impôts
Comment calculer le revenu net imposable ?
Le revenu net imposable se calcule à partir du salaire net à payer, avant impôt, auquel on ajoute la CSG non déductible, la CRDS, et la part patronale des cotisations de complémentaire santé et de prévoyance lorsqu’elle est imposable. On en retranche, le cas échéant, les éléments de rémunération exonérés d’impôt, comme les heures supplémentaires dans la limite annuelle en vigueur. Le résultat correspond au montant que le salarié doit déclarer, avant application des éventuels abattements et réductions propres à sa situation personnelle.
Ce calcul part donc du bas du bulletin de paie, pas du haut : le salaire brut n’est qu’une base de départ pour calculer les cotisations, il ne correspond ni au net à payer ni au net imposable. Entre le brut et le net imposable, il faut retirer l’ensemble des cotisations sociales déductibles, dont la CSG déductible, puis réintégrer la part non déductible de la CSG et la CRDS, qui restent soumises à l’impôt sur le revenu bien qu’elles aient déjà quitté le compte bancaire du salarié au moment du versement.
Les indemnités versées à l’occasion d’une rupture du contrat de travail, comme l’indemnité de licenciement ou l’indemnité de rupture conventionnelle, suivent une règle différente : elles sont exonérées d’impôt sur le revenu dans la limite du montant légal ou conventionnel, et seule la fraction qui dépasse ce montant, si elle existe, entre dans le net imposable. Cette exonération ne concerne pas les cotisations sociales, qui suivent leurs propres règles de plafond, ce qui explique qu’une indemnité de rupture puisse apparaître intégralement en net à payer sans figurer entièrement en net imposable.
- Cotisations sociales déductibles : retirées du brut, elles ne sont jamais réintégrées dans le net imposable
- CSG déductible (6,8 % sur la base CSG) : déductible, donc absente du net imposable
- CSG non déductible (2,4 % sur la base CSG) : reste incluse dans le net imposable
- CRDS (0,5 % sur la base CSG) : reste incluse dans le net imposable, comme la CSG non déductible
La différence entre net à payer et net imposable
Le net à payer est le montant qui arrive réellement sur le compte bancaire du salarié après déduction de l’ensemble des cotisations sociales et, depuis 2019, du prélèvement à la source. Le net imposable, lui, sert uniquement de base au calcul de l’impôt : il est presque toujours supérieur au net à payer avant impôt, puisqu’il réintègre la CSG non déductible et la CRDS qui ont pourtant bien été prélevées sur le salaire.
Trois montants, trois usages différents
Le salaire brut sert de base au calcul des cotisations sociales. Le net à payer est le montant réellement versé sur le compte bancaire. Le net imposable est la base retenue pour le calcul de l’impôt sur le revenu. Confondre ces trois montants est la source la plus fréquente d’erreur lors d’une déclaration de revenus.
Depuis la généralisation de la déclaration sociale nominative, c’est l’employeur qui transmet chaque mois le montant du net imposable à l’administration fiscale, sans intervention du salarié. Le prélèvement à la source, calculé séparément à partir de ce même net imposable et du taux transmis par les impôts, figure sur une ligne distincte du bulletin et n’entre à aucun moment dans le calcul du net imposable lui-même.
Le rôle de la CSG et de la CRDS dans le calcul
La CSG et la CRDS ne sont pas calculées sur le salaire brut lui-même, mais sur une base légèrement réduite, appelée base CSG, qui applique un abattement forfaitaire pour frais professionnels avant l’application des taux. Cette base sert ensuite à calculer les trois prélèvements qui composent la CSG et la CRDS, dont seule une partie est déductible du revenu imposable.
| Prélèvement | Taux | Effet sur le net imposable |
|---|---|---|
| CSG déductible | 6,8 % | Déductible, absente du net imposable |
| CSG non déductible | 2,4 % | Reste incluse dans le net imposable |
| CRDS | 0,5 % | Reste incluse dans le net imposable |
Cas chiffré : la part réintégrée sur un salaire brut de 3 000 €
Pour un salaire brut de 3 000 €, la base CSG s’élève à 2 947,50 € après l’abattement forfaitaire de 1,75 % appliqué avant le calcul de la CSG et de la CRDS. La CSG non déductible représente alors 2,4 % de cette base, soit 70,74 €, et la CRDS représente 0,5 % de la même base, soit 14,74 €. Ces deux montants, 85,48 € au total, viennent s’ajouter au net à payer du mois pour obtenir le net imposable, alors même qu’ils ont déjà été prélevés sur le salaire.
Où trouver son revenu net imposable pour la déclaration
Le montant du net imposable figure sur chaque bulletin de paie, sur une ligne dédiée située généralement en bas du document, ainsi que sur le cumul annuel présent sur le dernier bulletin de l’année. C’est ce montant cumulé sur les douze mois, transmis par l’employeur à l’administration fiscale, qui préremplit automatiquement la déclaration de revenus chaque printemps.
Un écart entre le montant préaffiché et celui attendu peut provenir d’un changement d’employeur en cours d’année, d’une régularisation ponctuelle sur un bulletin, ou d’un revenu de remplacement comme des indemnités journalières, imposables mais versées par un tiers et parfois transmises avec un léger décalage. Dans tous les cas, la déclaration en ligne reste modifiable jusqu’à la date limite propre à chaque département, ce qui laisse le temps de vérifier chaque ligne avant validation, y compris lorsque plusieurs employeurs se sont succédé sur l’année.
- Additionner le net imposable de chacun des bulletins de paie de l’année, ou reprendre le cumul figurant sur le dernier bulletin
- Vérifier ce montant face à celui préaffiché sur la déclaration de revenus en ligne
- Ajouter les revenus non salariés éventuels, non transmis automatiquement
- Corriger la déclaration si un écart apparaît, avant de la valider
La déduction forfaitaire de 10 % pour frais professionnels
Une fois le revenu net imposable déclaré, l’administration fiscale applique automatiquement une déduction forfaitaire de 10 % destinée à couvrir les frais professionnels courants, comme les trajets domicile travail ou les repas pris hors domicile. Cette déduction est comprise entre un plancher de 509 € et un plafond de 14 555 € par membre du foyer fiscal déclarant des salaires, sauf si la rémunération déclarée est elle-même inférieure au plancher.
- La déduction forfaitaire de 10 % s’applique par défaut, sans démarche particulière
- Un salarié peut renoncer à ce forfait et déduire ses frais professionnels réels, justificatifs à l’appui
- L’option pour les frais réels n’est avantageuse que si les dépenses professionnelles dépassent 10 % du salaire imposable
- Le choix entre forfait et frais réels s’effectue chaque année, lors de la déclaration
Un salaire annuel inférieur à 509 €
Lorsque le net imposable annuel d’un salarié est inférieur au plancher de 509 €, la déduction forfaitaire ne peut pas dépasser le montant du salaire lui-même : elle ne rend jamais le revenu imposable négatif. Ce cas concerne surtout les emplois très ponctuels ou un tout premier emploi débuté en fin d’année civile.
Cas particuliers : primes, avantages en nature et mutuelle
Les primes et gratifications versées par l’employeur sont, sauf exception, intégralement soumises à l’impôt et augmentent donc le net imposable du mois où elles sont versées, comme le reste du salaire. Les avantages en nature, tels qu’un véhicule de fonction ou un logement fourni par l’entreprise, sont évalués selon un barème et intégrés au salaire imposable, même s’ils ne se traduisent par aucun virement supplémentaire sur le compte bancaire du salarié.
La part patronale de la mutuelle d’entreprise obligatoire est en principe considérée comme un avantage imposable et s’ajoute donc, elle aussi, au net imposable, alors qu’elle n’apparaît jamais dans le net à payer puisqu’elle est directement versée par l’employeur à l’organisme de complémentaire santé. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’écart entre net à payer et net imposable peut varier sensiblement d’un salarié à l’autre, même à salaire brut identique.
L’intéressement et la participation versés sur un plan d’épargne salariale échappent au net imposable tant qu’ils restent bloqués sur ce plan : seul un versement immédiat, quand le salarié choisit ce mode plutôt que le placement, ou un retrait anticipé hors des cas de déblocage légal peut générer une imposition, selon des règles propres à l’épargne salariale et distinctes de celles du salaire.
- Les titres restaurant et la prise en charge des frais de transport, dans les limites légales d’exonération, n’entrent pas dans le net imposable
- Les indemnités de stage suivent des règles d’exonération spécifiques, différentes de celles du salaire
- Les heures supplémentaires exonérées figurent sur le bulletin de paie mais restent hors du net imposable, dans la limite annuelle en vigueur
- Un changement de situation familiale en cours d’année n’affecte pas le calcul du net imposable individuel, mais celui de l’impôt final du foyer
Questions fréquentes
Le revenu net imposable est-il le même que le salaire net perçu ?
Non. Le net imposable est presque toujours supérieur au net à payer avant impôt, car il réintègre la CSG non déductible, la CRDS et certains avantages imposables déjà prélevés ou versés par ailleurs.
Où trouve-t-on le net imposable sur le bulletin de paie ?
Sur une ligne dédiée, généralement en bas du bulletin, et sur le cumul annuel figurant sur le dernier bulletin de paie de l’année.
Faut-il déclarer le salaire brut ou le net imposable aux impôts ?
Ni l’un ni l’autre à proprement parler : la déclaration retient le net imposable, préaffiché à partir des données transmises par l’employeur, à vérifier avant validation.
Le prélèvement à la source réduit-il le net imposable ?
Non, le prélèvement à la source est un acompte sur l’impôt dû, calculé après détermination du net imposable, il n’intervient pas dans son calcul.
Pourquoi la CSG non déductible reste-t-elle dans le net imposable ?
Parce que seule une partie de la CSG (6,8 % sur 9,2 % au total) est reconnue comme déductible du revenu imposable par la loi fiscale, le reste étant traité comme une charge non déductible.
Qu’est-ce que la déduction forfaitaire de 10 % ?
C’est un abattement automatique appliqué sur le revenu net imposable pour couvrir les frais professionnels courants, compris entre 509 € et 14 555 € par foyer, sauf option pour les frais réels.
Les primes augmentent-elles le net imposable ?
Oui, sauf exception, une prime versée par l’employeur est intégralement soumise à l’impôt et augmente le net imposable du mois de versement, comme le reste du salaire.
Sources
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