La prime de partage de la valeur (prime Macron)
La prime Macron s’appelle officiellement la prime de partage de la valeur (PPV) depuis 2022 : c’est une prime facultative que l’employeur peut verser à ses salariés, exonérée de cotisations sociales dans certaines limites. Son plafond d’exonération va de 3 000 à 6 000 euros par salarié et par an selon la situation de l’entreprise. L’exonération complète de CSG, de CRDS et d’impôt sur le revenu, réservée aux entreprises de moins de 50 salariés versant à des salariés touchant moins de trois fois le SMIC, est prolongée jusqu’au 31 décembre 2026.
8 min de lecture · mis à jour le 01/09/2026
À retenir
- Le nom officiel de la prime Macron est la prime de partage de la valeur (PPV), en vigueur depuis juillet 2022.
- Le plafond d’exonération de cotisations sociales est de 3 000 euros par salarié et par an, porté à 6 000 euros si l’entreprise applique un dispositif d’intéressement ou de participation.
- Deux primes de partage de la valeur peuvent désormais être versées la même année civile, dans la limite globale du plafond annuel.
- L’exonération de CSG, de CRDS et d’impôt sur le revenu est réservée aux entreprises de moins de 50 salariés versant la prime à des salariés dont la rémunération est inférieure à trois fois le SMIC, pour les primes versées jusqu’au 31 décembre 2026.
- La prime reste, dans tous les cas, exonérée de cotisations sociales patronales et salariales classiques dans la limite du plafond applicable.
- La PPV est facultative : aucun employeur n’est obligé de la verser, sauf engagement pris par accord d’entreprise.
Primes
Prime Macron ou prime de partage de la valeur : la même chose
La « prime Macron » est le nom populaire donné depuis 2018 à un dispositif qui a changé plusieurs fois de forme et de nom officiel. Créée en décembre 2018 sous le nom de prime exceptionnelle de pouvoir d’achat, elle est devenue la prime de partage de la valeur (PPV) le 1er juillet 2022, avec un régime pérenne qui a remplacé les versements exceptionnels annuels de l’ancienne formule. Aujourd’hui, quand un salarié ou un employeur parle de « prime Macron », il désigne dans la quasi-totalité des cas cette prime de partage de la valeur. Le nom PPV est celui qui figure sur le bulletin de paie et dans les textes réglementaires en vigueur en 2026.
Le nom exact à retenir
Le terme officiel depuis juillet 2022 est « prime de partage de la valeur » (PPV). L’expression « prime Macron » reste utilisée dans le langage courant, mais elle ne correspond à aucune ligne officielle du bulletin de paie.
Qui peut verser la prime et à qui
Tout employeur de droit privé peut verser une prime de partage de la valeur à ses salariés, qu’il s’agisse d’une entreprise, d’une association ou d’un établissement public à caractère industriel et commercial. La prime peut être versée à tous les salariés ou réservée à ceux dont la rémunération ne dépasse pas un certain plafond fixé par l’employeur, mais elle ne peut jamais être individualisée en fonction de critères discriminatoires. Son montant peut être modulé selon la rémunération, le niveau de classification, l’ancienneté, la durée de présence effective sur l’année ou la durée du travail prévue au contrat. Les salariés en contrat à durée déterminée, en intérim ou à temps partiel y ont droit dans les mêmes conditions que les autres, au prorata le cas échéant.
- La prime peut être versée à l’ensemble des salariés ou réservée à ceux sous un certain plafond de rémunération.
- Son montant peut varier selon le salaire, la classification, l’ancienneté ou la durée de présence sur l’année.
- Les salariés en CDD, en intérim ou à temps partiel sont éligibles dans les mêmes conditions.
- La prime doit être mise en place par décision unilatérale de l’employeur ou par accord d’entreprise.
Le plafond d’exonération : 3 000 ou 6 000 euros
Le montant de la prime de partage de la valeur n’est pas plafonné en tant que tel, mais l’exonération de cotisations sociales qui s’y attache l’est. Le plafond de droit commun est de 3 000 euros par salarié et par année civile. Il est porté à 6 000 euros lorsque l’entreprise a mis en place, à la date de versement de la prime, un dispositif d’intéressement ou de participation, qu’il soit obligatoire ou volontaire. Au-delà de ces plafonds, la fraction excédentaire de la prime est traitée comme un complément de salaire ordinaire, intégralement soumise à cotisations sociales, à la CSG, à la CRDS et à l’impôt sur le revenu.
| Situation de l’entreprise | Plafond annuel par salarié |
|---|---|
| Entreprise sans dispositif d’intéressement ni de participation | 3 000 euros |
| Entreprise avec un dispositif d’intéressement ou de participation en place | 6 000 euros |
Deux versements par an sont désormais possibles
Depuis la loi de partage de la valeur, l’employeur peut fractionner la prime en deux versements au cours de la même année civile, au lieu d’un versement unique auparavant. Cette souplesse permet par exemple de verser une première prime au printemps et une seconde en fin d’année, en fonction des résultats de l’entreprise, sans perdre le bénéfice de l’exonération, à condition que le cumul des deux versements ne dépasse pas le plafond annuel applicable, 3 000 ou 6 000 euros selon les cas. Chaque versement doit faire l’objet d’un acte juridique, décision unilatérale ou accord, qui en fixe les conditions et les critères de modulation éventuels.
Deux versements dans l’année
Une entreprise de 30 salariés, sans dispositif de participation, décide de verser une prime de 1 500 euros en juin puis une seconde de 1 500 euros en décembre à chacun de ses salariés. Le cumul annuel atteint 3 000 euros, exactement le plafond d’exonération applicable à une entreprise sans intéressement ni participation : les deux versements restent donc intégralement exonérés de cotisations sociales, dans les conditions par ailleurs applicables à chaque salarié.
L’exonération de CSG, CRDS et impôt sur le revenu : une fenêtre jusqu’à fin 2026
Depuis 2024, l’exonération totale de CSG, de CRDS et d’impôt sur le revenu qui existait à la création du dispositif a été resserrée. Elle ne s’applique plus qu’à une catégorie précise de bénéficiaires : les salariés d’une entreprise de moins de 50 salariés, dont la rémunération perçue au cours des douze mois précédant le versement de la prime est inférieure à trois fois le montant annuel du SMIC. Pour les primes versées entre le 1er janvier 2024 et le 31 décembre 2026, ces salariés bénéficient d’une exonération complète, sans CSG, sans CRDS et sans impôt sur le revenu. Dans les entreprises de 50 salariés et plus, ou pour les salariés dépassant ce seuil de rémunération, la prime reste exonérée de cotisations sociales dans la limite du plafond, mais elle est soumise à la CSG, à la CRDS et à l’impôt sur le revenu comme un salaire classique.
Ce qui a changé depuis 2023
Avant 2024, la prime pouvait être totalement exonérée de tout prélèvement, y compris pour les grandes entreprises. Ce régime a pris fin : seules les entreprises de moins de 50 salariés versant à des salariés sous le seuil de trois SMIC conservent l’exonération complète, et seulement jusqu’au 31 décembre 2026.
Ce que le salarié doit vérifier sur son bulletin de paie
La prime de partage de la valeur doit apparaître sur une ligne distincte du bulletin de paie, séparée du salaire de base, avec la mention de son caractère exonéré ou non selon la situation du salarié. Un salarié qui change d’employeur en cours d’année, ou dont la rémunération dépasse le seuil de trois SMIC en cours d’année, doit vérifier que le bon régime social a été appliqué à son cas. En cas de doute sur l’éligibilité à l’exonération complète, il est utile de demander à l’employeur ou au service de paie une explication écrite du calcul retenu, notamment quand la prime est versée en deux fois.
- Vérifier que la prime apparaît sur une ligne distincte du bulletin de paie.
- Contrôler l’effectif de l’entreprise (moins ou plus de 50 salariés) au moment du versement.
- Comparer sa rémunération des douze derniers mois au seuil de trois fois le SMIC.
- Demander une explication écrite en cas de doute sur le régime social appliqué.
La PPV et l’obligation de partage de la valeur pour les PME bénéficiaires
Depuis le 1er janvier 2025, une nouvelle obligation de partage de la valeur s’applique aux entreprises de 11 à 49 salariés qui réalisent un bénéfice net fiscal au moins égal à 1 % de leur chiffre d’affaires pendant trois exercices consécutifs. Ces entreprises doivent mettre en place au moins un dispositif de partage de la valeur : la prime de partage de la valeur elle-même, un accord d’intéressement, un accord de participation volontaire, ou un abondement à un plan d’épargne salariale. La PPV constitue l’option la plus simple à mettre en œuvre pour répondre à cette nouvelle obligation, puisqu’elle ne nécessite pas de formule de calcul complexe ni de négociation d’accord, une simple décision unilatérale de l’employeur suffisant dans les entreprises de moins de 50 salariés. Cette obligation ne concerne pas les entreprises qui disposent déjà d’un dispositif de partage de la valeur en vigueur.
- L’obligation vise les entreprises de 11 à 49 salariés, bénéficiaires pendant trois exercices consécutifs.
- Le seuil de bénéfice net fiscal déclenchant l’obligation est fixé à 1 % du chiffre d’affaires.
- La PPV, l’intéressement, la participation volontaire ou l’abondement à un plan d’épargne salariale répondent tous à cette obligation.
- Une entreprise déjà couverte par un dispositif existant n’a pas à en créer un nouveau.
Que faire si la prime promise n’est pas versée
La prime de partage de la valeur reste par principe facultative : aucun texte n’oblige un employeur à la verser, sauf dans le cas particulier des entreprises soumises à la nouvelle obligation de partage de la valeur évoquée plus haut, ou lorsqu’un accord d’entreprise l’a explicitement prévue. Dès lors qu’une décision unilatérale de l’employeur ou un accord fixe les conditions de versement d’une prime, celle-ci devient une obligation contractuelle ou conventionnelle que l’employeur doit respecter pour tous les salariés répondant aux critères annoncés. Un salarié qui remplit les conditions fixées par la décision ou l’accord, mais qui ne reçoit pas la prime, peut d’abord se rapprocher du service des ressources humaines ou des représentants du personnel, puis saisir le conseil de prud’hommes en cas de refus persistant et injustifié.
- La PPV reste facultative, sauf accord d’entreprise ou obligation légale de partage de la valeur applicable.
- Une fois annoncée par décision unilatérale ou accord, la prime doit être versée à tous les salariés éligibles.
- Un refus de versement à un salarié éligible peut être contesté auprès des représentants du personnel.
- En dernier recours, le salarié peut saisir le conseil de prud’hommes.
Questions fréquentes
La prime Macron et la prime de partage de la valeur, est-ce la même chose ?
Oui. La prime Macron est le nom courant de la prime de partage de la valeur (PPV), son appellation officielle depuis le 1er juillet 2022. Les deux termes désignent le même dispositif.
Quel est le plafond de la prime de partage de la valeur en 2026 ?
Le plafond d’exonération de cotisations sociales est de 3 000 euros par salarié et par an, porté à 6 000 euros si l’entreprise a mis en place un dispositif d’intéressement ou de participation.
La prime de partage de la valeur est-elle obligatoire ?
Non, elle reste facultative pour l’employeur dans le cas général, sauf s’il s’y est engagé par accord d’entreprise, ou si l’entreprise entre dans le champ de la nouvelle obligation de partage de la valeur applicable depuis 2025 aux PME bénéficiaires de 11 à 49 salariés.
La prime Macron est-elle imposable en 2026 ?
Cela dépend de l’entreprise et du salaire du salarié. Dans une entreprise de moins de 50 salariés versant à un salarié gagnant moins de trois fois le SMIC, la prime versée jusqu’au 31 décembre 2026 est exonérée de CSG, de CRDS et d’impôt sur le revenu. Dans les autres cas, elle reste exonérée de cotisations sociales dans la limite du plafond, mais soumise à la CSG, à la CRDS et à l’impôt sur le revenu.
Peut-on toucher deux primes de partage de la valeur la même année ?
Oui, l’employeur peut verser la prime en deux fois au cours de la même année civile, à condition que le cumul des deux versements ne dépasse pas le plafond annuel d’exonération applicable à l’entreprise.
Un salarié en CDD a-t-il droit à la prime de partage de la valeur ?
Oui, les salariés en CDD, en intérim et à temps partiel sont éligibles dans les mêmes conditions que les autres salariés, avec une prime qui peut être proratisée selon la durée de présence ou de travail.
Que se passe-t-il après le 31 décembre 2026 ?
Au-delà de cette date, l’exonération complète de CSG, de CRDS et d’impôt sur le revenu réservée aux entreprises de moins de 50 salariés n’est plus garantie par les textes actuels : elle dépendra d’une éventuelle prolongation par une nouvelle loi de financement de la sécurité sociale.
Sources
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