Barème Salaires réels

Les notes de frais et leur traitement en paie

Une note de frais est le document par lequel un salarié demande à son employeur le remboursement des dépenses professionnelles qu’il a avancées de sa poche, comme un repas en déplacement, un trajet ou une nuitée d’hôtel. Ce remboursement n’est ni un salaire ni un avantage : il n’est soumis ni à cotisations sociales ni à l’impôt sur le revenu, à condition de respecter des règles précises de justification et des barèmes plafonds fixés par l’Urssaf. Au-delà de ces limites, la part excédentaire est requalifiée en complément de rémunération, avec cotisations et impôt à la clé.

8 min de lecture · mis à jour le 01/09/2026

À retenir

  • Une note de frais rembourse une dépense professionnelle réelle avancée par le salarié, elle n’est pas un revenu et n’est en principe pas imposable.
  • Deux méthodes de remboursement existent : les frais réels sur justificatifs, ou une indemnité forfaitaire dans la limite d’un barème fixé par l’Urssaf.
  • Pour un repas pris au restaurant lors d’un déplacement professionnel empêchant le retour au domicile, la limite d’exonération est de 21,40 euros en 2026.
  • Pour un repas pris hors du restaurant lors d’un déplacement, la limite d’exonération est de 10,40 euros en 2026.
  • Une note de frais sans justificatif ou dépassant le barème peut être requalifiée en avantage soumis à cotisations sociales lors d’un contrôle Urssaf.
  • L’employeur n’est jamais obligé de rembourser une dépense professionnelle au-delà de ce qu’il a autorisé, même si elle est justifiée.

Avantages

Qu’est-ce qu’une note de frais professionnels ?

Une note de frais professionnels est la demande de remboursement d’une dépense engagée par le salarié dans l’intérêt de l’entreprise, en dehors de sa rémunération habituelle. Elle concerne typiquement les frais de repas lors d’un déplacement, les frais de transport, d’hébergement, ou encore le petit matériel acheté pour une mission ponctuelle. Contrairement au salaire, le remboursement de frais professionnels n’a pas vocation à enrichir le salarié : il compense une dépense réellement engagée dans le cadre du travail. C’est cette nature de simple remboursement qui justifie qu’il échappe, sous conditions, aux cotisations sociales et à l’impôt sur le revenu, à la différence d’une prime ou d’un avantage en nature.

  • Frais de repas lors d’un déplacement professionnel.
  • Frais de transport : train, avion, kilomètres parcourus avec un véhicule personnel.
  • Frais d’hébergement lors d’un déplacement de plusieurs jours.
  • Petites fournitures ou matériel acheté pour une mission précise.

Cette distinction entre remboursement de frais et rémunération a des conséquences concrètes pour le salarié comme pour l’employeur. Un salarié n’a en principe pas à demander l’autorisation pour engager une dépense strictement nécessaire à sa mission, mais il reste tenu d’en informer son employeur et de respecter la politique de frais en vigueur dans l’entreprise, quand elle existe. À l’inverse, une somme versée régulièrement, forfaitairement et sans lien avec une dépense réelle, même qualifiée de « frais » sur le bulletin de paie, peut être requalifiée par l’Urssaf en élément de rémunération soumis à cotisations, quel que soit le nom qui lui est donné en interne.

Les deux méthodes de remboursement

L’employeur peut rembourser les frais professionnels de deux manières. La première, dite au réel, consiste à rembourser exactement le montant de la dépense sur présentation d’un justificatif : facture, ticket de caisse ou reçu. La seconde, dite forfaitaire, consiste à verser une indemnité fixe par repas ou par nuitée, sans justificatif de montant exact, mais dans la limite d’un barème publié chaque année par l’Urssaf. Une entreprise peut choisir l’une ou l’autre méthode selon les catégories de frais, et même combiner les deux : au réel pour l’hébergement, au forfait pour les repas, par exemple. Dans les deux cas, la nature professionnelle de la dépense doit pouvoir être démontrée en cas de contrôle.

Barème forfaitaire des indemnités de repas 2026
SituationLimite d’exonération
Repas pris sur le lieu de travail imposé par des conditions particulières d’organisation7,50 euros
Repas pris hors du restaurant lors d’un déplacement (chantier, itinérance)10,40 euros
Repas pris au restaurant, salarié empêché de regagner sa résidence ou son lieu de travail habituel21,40 euros

Ce qu’il se passe en cas de dépassement du barème

Quand une entreprise verse une indemnité forfaitaire supérieure à la limite d’exonération, seule la fraction qui dépasse le plafond est réintégrée dans l’assiette des cotisations sociales, de la CSG et de la CRDS, et devient imposable à l’impôt sur le revenu pour le salarié. Ce mécanisme est fréquemment vérifié lors d’un contrôle Urssaf, en particulier pour les indemnités de repas versées de façon systématique sans lien avec un déplacement réel. Une entreprise qui verse par exemple une indemnité de repas de 25 euros pour un déplacement au restaurant expose donc 3,60 euros par repas, la fraction au-dessus de 21,40 euros, à cotisations et à impôt.

Dépassement du barème repas

Un salarié en déplacement au restaurant reçoit une indemnité forfaitaire de repas de 25 euros. La limite d’exonération applicable est de 21,40 euros. La différence, 3,60 euros, est réintégrée dans l’assiette des cotisations sociales et soumise à l’impôt sur le revenu comme un complément de salaire, tandis que les 21,40 euros restants demeurent exonérés.

Les justificatifs à conserver

Que le remboursement se fasse au réel ou au forfait, l’employeur doit être en mesure de prouver la réalité de la dépense professionnelle en cas de contrôle. Pour un remboursement au réel, le justificatif original (facture nominative, ticket de caisse, billet de train) doit être conservé, en pratique, jusqu’à cinq ans. Pour un remboursement forfaitaire, l’entreprise doit pouvoir démontrer que les conditions d’attribution du barème sont réunies : un déplacement effectif, une distance ou une contrainte horaire empêchant le retour au domicile ou au lieu de travail habituel. Une note de frais sans lien démontrable avec l’activité professionnelle, même modeste, peut être écartée par l’employeur ou requalifiée par l’Urssaf.

  1. Engager la dépense dans le cadre strict d’une mission ou d’un déplacement professionnel.
  2. Conserver le justificatif original (facture, ticket, billet).
  3. Remplir la note de frais avec la date, le motif et le montant exact.
  4. Faire valider la note de frais par son responsable ou le service comptable.
  5. Recevoir le remboursement, en principe avec le salaire du mois suivant.

Frais kilométriques : un barème à part

Lorsqu’un salarié utilise son véhicule personnel pour un déplacement professionnel, le remboursement peut se faire sur la base du barème kilométrique publié chaque année par l’administration fiscale, qui tient compte de la puissance du véhicule et de la distance parcourue. Ce barème est distinct de celui des indemnités de repas et sert aussi bien au remboursement par l’employeur qu’à la déduction des frais réels dans la déclaration de revenus d’un salarié qui n’a pas opté pour la déduction forfaitaire de 10 %. L’employeur reste libre de rembourser un montant inférieur au barème fiscal, mais ne peut pas dépasser ce barème sans faire basculer l’excédent dans l’assiette sociale et fiscale.

Vérifier le barème en vigueur

Le barème kilométrique évolue chaque année et dépend de la puissance fiscale du véhicule : il doit être vérifié avant tout calcul, plutôt que reconduit d’une année sur l’autre.

Ce que l’employeur peut refuser

Le remboursement de frais professionnels n’est jamais un droit automatique et illimité pour le salarié : l’employeur fixe une politique de frais, avec des plafonds internes qui peuvent être inférieurs aux barèmes Urssaf, et il peut refuser une dépense qu’il juge disproportionnée ou non justifiée par les besoins de la mission. Un salarié qui engage une dépense sans autorisation préalable, ou au-delà du plafond fixé par la politique interne de l’entreprise, prend le risque de ne pas être remboursé intégralement. À l’inverse, un employeur ne peut pas imposer au salarié d’avancer des frais professionnels sans les rembourser dans un délai raisonnable : un refus de remboursement d’une dépense clairement engagée dans l’intérêt de l’entreprise peut être contesté devant le conseil de prud’hommes.

  • L’employeur peut fixer un plafond interne inférieur au barème Urssaf.
  • Une dépense engagée sans autorisation préalable peut être refusée.
  • Un refus de remboursement d’une dépense justifiée peut être contesté devant le conseil de prud’hommes.
  • Le délai de remboursement doit rester raisonnable, en général avec la paie du mois suivant.

Les frais d’hébergement lors d’un déplacement professionnel

Lorsqu’un déplacement professionnel oblige un salarié à passer la nuit hors de son domicile, les frais d’hébergement peuvent également être remboursés selon les deux mêmes méthodes que les frais de repas : au réel, sur présentation de la facture d’hôtel, ou de façon forfaitaire, dans la limite d’un barème publié par l’Urssaf qui varie selon la zone géographique du déplacement, notamment entre Paris, la petite couronne et le reste du territoire. Ce barème est révisé chaque année et doit être vérifié avant tout remboursement forfaitaire, plutôt que reconduit d’une année sur l’autre sans contrôle. Comme pour les frais de repas, seule la fraction du remboursement forfaitaire qui dépasse la limite applicable est réintégrée dans l’assiette des cotisations sociales et soumise à l’impôt sur le revenu, tandis que le reste demeure exonéré dans les conditions habituelles.

  • Le remboursement peut se faire au réel, sur facture, ou de façon forfaitaire, dans la limite d’un barème.
  • Le barème forfaitaire varie selon la zone géographique du déplacement.
  • Il doit être vérifié chaque année plutôt que reconduit automatiquement.
  • Seule la fraction excédant la limite applicable est soumise à cotisations et à l’impôt sur le revenu.

Les avances sur frais et les cartes professionnelles

Pour éviter au salarié d’avancer des sommes parfois importantes, certaines entreprises mettent en place une avance sur frais ou une carte professionnelle dédiée aux dépenses de mission. Dans ce cas, le salarié n’engage pas ses propres fonds : la dépense est directement payée par l’entreprise ou remboursée par anticipation avant même le déplacement. Cette pratique ne dispense pas de produire les justificatifs habituels : la note de frais doit être complétée après le déplacement, avec les factures correspondantes, pour permettre à la comptabilité de rapprocher l’avance versée des dépenses réellement engagées. Un écart entre l’avance perçue et les justificatifs produits peut donner lieu à une régularisation, dans un sens ou dans l’autre, sur le bulletin de paie suivant ou par une note de frais complémentaire, selon la politique interne de l’entreprise.

  • L’avance sur frais évite au salarié d’engager ses propres fonds avant le déplacement.
  • Les justificatifs restent obligatoires même en cas d’avance ou de carte professionnelle.
  • Un écart entre l’avance et les dépenses réelles donne lieu à régularisation.
  • La régularisation peut intervenir sur le bulletin de paie suivant ou par une note complémentaire.

L’avance ne dispense jamais des justificatifs

Recevoir une avance ou disposer d’une carte professionnelle facilite la trésorerie du salarié, mais ne change rien à l’obligation de justifier chaque dépense. Un salarié qui ne produit pas les justificatifs correspondant à une avance perçue s’expose à devoir la rembourser à l’entreprise, comme un trop-perçu ordinaire.

Questions fréquentes

Une note de frais est-elle imposable ?

Non, en principe. Le remboursement d’une dépense professionnelle réelle et justifiée n’est ni un salaire ni un avantage : il n’est pas soumis à l’impôt sur le revenu ni aux cotisations sociales, à condition de respecter les justificatifs ou les barèmes en vigueur.

Quel est le montant maximum remboursable pour un repas en 2026 ?

Le plafond dépend de la situation : 7,50 euros pour un repas imposé sur le lieu de travail, 10,40 euros pour un repas hors restaurant en déplacement, et 21,40 euros pour un repas au restaurant quand le salarié ne peut pas regagner son domicile.

Que se passe-t-il si le montant remboursé dépasse le barème ?

Seule la fraction qui dépasse la limite d’exonération est soumise à cotisations sociales et à l’impôt sur le revenu, comme un complément de salaire. Le reste, dans la limite du barème, demeure exonéré.

Faut-il toujours un justificatif pour se faire rembourser une note de frais ?

Pour un remboursement au réel, oui, un justificatif nominatif est indispensable. Pour un remboursement forfaitaire au barème, aucun justificatif de montant n’est requis, mais la réalité du déplacement doit pouvoir être démontrée.

L’employeur peut-il refuser de rembourser une note de frais ?

Oui, s’il estime la dépense non justifiée, disproportionnée, ou engagée sans autorisation préalable, dans les limites de sa politique interne de frais. Un refus de rembourser une dépense clairement professionnelle peut toutefois être contesté devant le conseil de prud’hommes.

Comment sont remboursés les frais kilométriques ?

Ils sont en général calculés sur la base du barème kilométrique publié chaque année par l’administration fiscale, qui varie selon la puissance du véhicule et la distance parcourue.

Combien de temps l’employeur a-t-il pour rembourser une note de frais ?

Aucun délai légal fixe n’existe, mais le remboursement doit intervenir dans un délai raisonnable, en pratique avec la paie du mois suivant le dépôt de la note de frais.

Sources