Actualité des salaires
250 € bruts de plus : la revalorisation que réclament les salariés des thermes de Balaruc avant la grève du 5 octobre
Deux syndicats des thermes de Balaruc-les-Bains réclament 250 € bruts de plus sur les salaires de base, avec un préavis de grève le 5 octobre.
Publié le · par la rédaction de Barème

Aucun salaire n'augmente, sauf le Smic, alors que l'établissement gagne de l'argent ? C'est le constat des syndicats des thermes de Balaruc-les-Bains. CFDT et CGT réclament 250 € bruts de plus sur les salaires de base et ont déposé un préavis de grève pour le 5 octobre.
En bref
- Une intersyndicale CFDT et CGT a déposé un préavis de grève pour le 5 octobre aux thermes de Balaruc-les-Bains.
- Elle réclame 250 € bruts sur les salaires de base, sans hausse pour ceux déjà au-dessus de la grille interne.
- Le chiffre d'affaires a atteint 39,5 M€ en 2024, contre 34,1 M€ en 2019, avant la crise du Covid.
Le chiffre clé : 250 € bruts, revalorisation demandée sur les salaires de base des thermes de Balaruc.
Une hausse de 250 € bruts ciblée sur les salaires de base
Le chiffre est précis, et il vise un public précis. Dans le tract des syndicats, la revalorisation de 250 € bruts concerne les salariés de base. Elle ne s'appliquerait pas à ceux qui touchent déjà davantage que la grille interne de l'entreprise.
Le brut correspond au montant avant retrait des cotisations : ce que les salariés verraient réellement sur leur compte serait donc plus faible. Le montant net correspondant n'a pas été précisé.
Les représentants de l'intersyndicale CFDT/CGT ont été reçus par la direction de la société publique locale d'exploitation des thermes de Balaruc-les-Bains, la Spleth, avec une série de demandes. Le tract a été distribué le mardi 29 septembre, notamment à l'entrée du conseil d'administration. Le préavis de grève, lui, porte sur le 5 octobre et vise aussi à se faire entendre des actionnaires, dont la mairie de Balaruc-les-Bains.
Un chiffre d'affaires de 39,5 M€, au-dessus du niveau d'avant le Covid
Les syndicats fondent leur demande sur la santé financière de l'établissement. Les chiffres qu'ils avancent sont nets :
| Année | Chiffre d'affaires | Contexte |
|---|---|---|
| 2019 | 34,1 M€ | Dernière année avant la crise du Covid |
| 2024 | 39,5 M€ | Niveau supérieur à celui d'avant la crise |
L'écart représente 5,4 M€ de plus en cinq ans. Pendant la crise sanitaire, les thermes avaient pourtant traversé une année blanche, sans activité normale.
Pour les salariés, le raisonnement est simple : l'activité a retrouvé son niveau, elle l'a même dépassé, mais les fiches de paie n'ont pas suivi. C'est ce décalage qui nourrit la colère, dans ce qui est présenté comme la première station thermale de France.
Le rapport de la Cour régionale des comptes a mis le feu aux poudres
Tout est reparti d'un rapport publié le 17 septembre. Il porte sur le contrôle des comptes et de la gestion de la Spleth pour les exercices 2020 à 2024. Sa lecture a fait bondir les salariés et leurs représentants.
Ce qui choque : d'après ce rapport, les dix rémunérations les plus élevées de la Spleth en 2024 concentrent près d'1 M€ de salaires, sans compter les primes. Frédéric Pradal, secrétaire général de la CGT des thermes de Balaruc-les-Bains et délégué syndical, le dit sans détour : « Nous sommes scandalisés par ce que dit le rapport ».
Le contraste est au cœur du conflit. D'un côté, une demande de 250 € bruts pour les salaires de base. De l'autre, un haut de l'échelle où dix rémunérations pèsent à elles seules près d'un million d'euros sur l'année.
Trois ans de gel des acquis, et des primes jugées insuffisantes
La Spleth emploie quelque 365 agents de droit privé. Après la crise du Covid, un accord de performance collective a gelé les acquis pendant trois ans, pour éviter que l'entreprise ne licencie. Un représentant de l'intersyndicale décrit la situation actuelle : plus aucun salaire n'augmente, hormis le Smic.
Des primes exceptionnelles ont bien été versées, pour 1 M€ au total entre 2022 et 2024. Elles viennent s'ajouter à un dispositif déjà existant :
- la prime d'ancienneté ;
- la prime de fin d'année ;
- la prime d'engagement professionnel ;
- les primes collectives de résultat ;
- les primes individuelles d'objectifs.
Cela ne suffit pas aux syndicats, qui jugent ces versements très en dessous de ce que touchent les dirigeants.
« Ce sont des miettes au regard de ce que touchent les dirigeants. »
Frédéric Pradal, secrétaire général de la CGT des thermes de Balaruc-les-Bains. Selon lui, le savoir-faire des salariés est connu, mais pas reconnu à sa juste valeur.
Trois autres revendications sont sur la table avant le 5 octobre
Au-delà des 250 € bruts, l'intersyndicale porte trois demandes supplémentaires :
- réparer définitivement les effets de l'accord de performance collective ;
- partager les primes d'objectifs à parts égales entre l'ensemble des salariés ;
- ouvrir de véritables négociations en NAO, avec des échanges constructifs.
La NAO, pour négociation annuelle obligatoire, est le rendez-vous où se discutent chaque année les salaires dans l'entreprise. Les syndicats réclament que ces discussions aient un vrai contenu.
Ce dossier rappelle une distinction utile pour vous : d'un côté le salaire de base, de l'autre les primes. Ici, les salariés demandent une hausse du premier, alors que la direction a versé des compléments sous forme de seconde. Sa réponse à la demande de 250 € bruts n'est pas connue à ce stade.
Vos questions
Que demandent les salariés des thermes de Balaruc-les-Bains ?
Une revalorisation de 250 € bruts sur les salaires de base, sans hausse pour ceux déjà au-dessus de la grille interne. Ils veulent aussi réparer les effets de l'accord de performance collective, des primes d'objectifs partagées à parts égales et de vraies négociations annuelles obligatoires.
Quand la grève est-elle prévue ?
Une intersyndicale CFDT/CGT a déposé un préavis de grève pour le 5 octobre. Elle veut porter ses revendications auprès des actionnaires de la Spleth, dont la mairie de Balaruc-les-Bains. Ses représentants ont déjà été reçus par la direction.
Pourquoi les syndicats évoquent-ils la bonne santé financière de l'établissement ?
Le chiffre d'affaires a atteint 39,5 M€ en 2024, contre 34,1 M€ en 2019, avant la crise du Covid. Les syndicats estiment que ce niveau justifie une hausse, alors que les acquis ont été gelés pendant trois ans.
Sources : midilibre.fr.